Nous avons désormais le « contrôle total » de la Guinée-Bissau — déclarent des officiers militaires – Tribune Online – Nigéria

Des officiers militaires en Guinée-Bissau ont annoncé mercredi qu’ils avaient pris le « contrôle total » du pays, suspendant le processus électoral et fermant toutes les frontières trois jours seulement après la tenue des élections législatives et présidentielles.

Des coups de feu avaient déjà été entendus près du palais présidentiel dans ce pays d’Afrique de l’Ouest sujet aux coups d’État, alors que des hommes en uniforme militaire bloquaient l’accès en prenant le contrôle de la route principale menant au bâtiment.

En début d’après-midi, le général Denis N’Canha, chef du bureau militaire présidentiel, a déclaré aux journalistes qu’un commandement « composé de toutes les branches des forces armées » avait pris le contrôle de la Guinée-Bissau et dirigerait le pays « jusqu’à nouvel ordre ».

Il a fait cette annonce alors qu’il était assis à une table au quartier général de l’armée à Bissau, flanqué de soldats armés.

Des coups de feu avaient déjà été entendus près du palais présidentiel alors que des hommes en uniforme militaire bloquaient l’accès à la zone.

Un officier supérieur a déclaré à l’AFP, sous couvert d’anonymat, que le président sortant Umaro Sissoco Embalo, favori pour remporter le scrutin de dimanche, se trouvait dans un bâtiment derrière le quartier général militaire « avec le chef d’état-major et le ministre de l’Intérieur ». On ne sait toujours pas si le président a été arrêté.

Embalo et le candidat de l’opposition Fernando Dias avaient déjà déclaré leur victoire à la présidentielle, avant les résultats provisoires attendus jeudi.

Dans sa déclaration, N’Canha a affirmé que l’armée avait découvert un complot « impliquant des barons nationaux de la drogue » visant à déstabiliser le pays, alléguant que des armes avaient été introduites pour « modifier l’ordre constitutionnel ».

Il a annoncé que les forces armées avaient stoppé « l’ensemble du processus électoral », suspendu toute programmation médiatique et imposé un couvre-feu obligatoire.

La Guinée-Bissau, l’un des pays les plus pauvres du monde, est depuis longtemps aux prises avec une instabilité politique et est devenue un point de transit pour le trafic de drogue entre l’Amérique latine et l’Europe.

La Commission nationale électorale (CNE) a également été attaquée mercredi, lorsque des hommes armés non identifiés ont pris pour cible ses bureaux, selon Abdourahmane Djalo, responsable de la communication de la commission.

Plus de 6 780 agents de sécurité, dont des membres de la Force de stabilisation de la CEDEAO, ont été déployés pendant la période électorale et postélectorale. La dernière élection présidentielle du pays en 2019 a déclenché une crise de quatre mois après que les deux principaux candidats ont revendiqué la victoire.

L’élection de cette année a notamment exclu le parti PAIGC et son candidat à la présidentielle de 2019, Domingos Simoes Pereira. La Cour suprême a déclaré que leurs requêtes avaient été déposées trop tard, une décision que l’opposition a qualifiée de « manipulation ».

L’absence du PAIGC aux scrutins présidentiel et parlementaire a alimenté les critiques selon lesquelles Embalo, qui a dissous le pouvoir législatif dominé par l’opposition en 2023 et a depuis gouverné par décret, avait outrepassé son mandat. L’opposition affirme que son mandat a pris fin le 27 février, cinq ans après son investiture.

(AFP)

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