LE CAIRE – 22 avril 2024 : le ministre des Affaires étrangères, Sameh Shokry, a souligné lundi à la directrice générale de l'OIM, Amy Pope, l'importance de fixer les priorités de l'organisation sur la base de consultations avec les pays en développement qui supportent un énorme fardeau pour parvenir à une gouvernance des migrations.
Le ministre Shokry a montré que l'Égypte avait adopté une approche globale de la gouvernance des migrations qui ne se limite pas à l'aspect sécuritaire, mais s'attaque également aux causes profondes de la migration illégale.
Dans ce cadre, le ministre égyptien a salué la coopération actuelle avec l'organisation visant à renforcer les voies légales de migration, à répondre aux besoins de main-d'œuvre sur certains marchés et à préserver les intérêts des pays d'origine et de destination ainsi que des migrants.
Le ministre a souligné que l'Égypte était confrontée à un afflux croissant de migrants fuyant les conflits, le ralentissement économique et l'impact du changement climatique. Il a ajouté que, d'un autre côté, le pays ne reçoit pas une aide internationale compatible avec les coûts qu'il paie pour offrir une vie décente à ces migrants, d'autant plus que leur arrivée coïncide avec des conditions économiques difficiles.
En conséquence, le ministre Shokry a exigé que l'OIM remplisse son devoir consistant à assurer le soutien nécessaire à l'Égypte sur le front de la gouvernance des migrations.
De son côté, le Pape, qui effectue une visite en Egypte du 21 au 23 avril, a salué la coopération bilatérale en matière d'atténuation et d'adaptation au changement climatique. Dans ce contexte, le directeur général de l'OIM et le ministre égyptien des Affaires étrangères ont discuté des moyens d'activer le Fonds pour les pertes et dommages créé lors de la COP 27 organisée par l'Égypte en 2022, car il jouerait un rôle dans la réduction des migrations, notamment en provenance d'Afrique.
Pope et Shokry ont également discuté de la situation dans la bande de Gaza et du besoin criant d'aide humanitaire et de zones de sécurité pour les personnes déplacées. Concernant la guerre civile soudanaise, le directeur général de l'OIM a exprimé sa gratitude à l'Égypte pour l'accueil d'un grand nombre de personnes déplacées ainsi que pour la volonté de l'organisation de soutenir les capacités du pays à leur fournir des soins en collaboration avec la solidarité sociale et les soins de santé.
Le responsable de l'ONU a déclaré que l'organisation travaillait à apporter davantage d'attention à la question migratoire au Soudan, craignant qu'elle ne se transforme en une crise oubliée, ajoutant qu'entre-temps, 800 travailleurs de l'ONU étaient au Soudan et au Soudan du Sud.