Par Martin Metieh
La 30e Conférence des parties des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 30) a réuni le monde à Belém, au Brésil, du 10 au 21 novembre, pour des négociations sur les impacts climatiques et la manière d’y faire face. Après deux semaines de négociations, les pays ont adopté un ensemble de décisions désormais appelées « Paquet politique de Belém ».
Dans sa déclaration sur la clôture de la COP30, la Directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), Inger Andersen, a déclaré : « Aux portes de l’Amazonie, la COP30 s’est déroulée alors que les tensions géopolitiques continuent de s’accroître. Réaliser des progrès dans des temps aussi incertains et difficiles n’est jamais garanti, mais les discussions à Belém ont montré que l’Accord de Paris fonctionne et donne des résultats, y compris un appel à tripler le financement de l’adaptation d’ici 2035, un mécanisme de transition juste pour garantir que l’économie verte émergente profite à tous, et de nouveaux des dialogues sur la manière dont le commerce peut soutenir une transformation économique résiliente au changement climatique et sur la manière d’intégrer la protection des montagnes dans la politique climatique.
Voici cinq résultats clés de la COP 30 selon l’Institut de l’Université des Nations Unies pour l’environnement et la sécurité humaine :
Un signal politique pour tripler le financement de l’adaptation d’ici 2035
Le financement de l’adaptation est le financement qui aide les pays à faire face aux impacts climatiques déjà présents, comme la construction de routes résistantes aux inondations, l’amélioration du stockage de l’eau en cas de sécheresse ou le développement des systèmes d’alerte précoce. Lors de la COP 30, les pays ont indiqué que le financement de l’adaptation devrait tripler d’ici 2035. Même s’il ne s’agit pas encore d’un engagement contraignant, il s’agit d’un signal politique majeur. Le financement actuel est bien inférieur à ce dont les pays vulnérables ont besoin, et les impacts s’intensifient rapidement. L’attente claire d’une augmentation des ressources au cours de la prochaine décennie donne aux institutions internationales et aux gouvernements nationaux une direction à suivre, même si les détails des contributions doivent encore être négociés.
De nouvelles initiatives pour augmenter les CDN
Les engagements déterminés au niveau national (CDN), bien qu’ils apportent des progrès s’ils sont mis en œuvre, ne parviennent pas à atteindre l’atténuation nécessaire pour éviter 1,5°C. Dans le but de combler l’écart entre les objectifs climatiques actuels et l’objectif de 1,5°C, le paquet politique Bakou-Belém établit deux initiatives conçues pour aider les nations à renforcer et à respecter leurs engagements. La « Mission Belém vers 1.5 » vise à encourager des ambitions plus élevées dans les plans nationaux pour le climat (CDN) en favorisant le dialogue sur la coopération et les investissements internationaux nécessaires. Ceci est complété par le « Global Implementation Accelerator », une plateforme volontaire et coopérative destinée à aider les pays à passer de la planification à l’action, en facilitant la mise en œuvre pratique des mesures d’atténuation et d’adaptation nécessaires pour atteindre ces objectifs.
Un nouveau mécanisme de la CCNUCC pour guider la « transition juste »
L’un des résultats les plus importants du sommet a été la création d’un mécanisme de transition juste. Conformément aux Objectifs de développement durable (ODD), la transition juste fait référence à l’idée selon laquelle l’action climatique ne doit laisser personne de côté, en particulier les communautés et les travailleurs dont les moyens de subsistance dépendent des combustibles fossiles ou des secteurs à forte intensité de carbone. Cela signifie également donner aux pays en développement le soutien dont ils ont besoin pour développer leur économie de manière plus propre et plus résiliente.
Le nouveau Mécanisme d’action de Belém (BAM) servira de plateforme pour coordonner l’assistance, partager les meilleures pratiques, mobiliser des ressources et suivre les progrès. Sa création signifie que l’équité dans la transition mondiale vers des économies durables n’est plus seulement un slogan politique mais a désormais un siège formel au sein du système climatique des Nations Unies.
Accord sur les indicateurs pour « l’adaptation »
Depuis des années, les Parties tentent de définir comment mesurer les progrès mondiaux en matière d’adaptation, ce qui constitue une tâche difficile étant donné que la résilience climatique diffère d’un endroit à l’autre. La COP 30 a finalement produit un ensemble d’indicateurs convenus pour l’objectif mondial d’adaptation (GGA). Ceux-ci aideront à évaluer les améliorations dans des domaines tels que la sécurité de l’eau, les systèmes alimentaires, la résilience des infrastructures, la portée des systèmes d’alerte précoce et l’accès au financement de l’adaptation. Les négociations ont été difficiles et de nombreux gouvernements ont souligné que les indicateurs devront être affinés davantage, ce qui laissera un travail important aux prochaines COP. Néanmoins, la mise en place d’une première version donne aux pays un cadre commun pour évaluer si les efforts d’adaptation sont sur la bonne voie.
Le discours sur l’élimination progressive des combustibles fossiles n’a pas abouti, mais une dynamique pourrait se développer ailleurs
De nombreux gouvernements et groupes de la société civile sont arrivés à Belém pour réclamer un engagement clair en faveur de l’élimination progressive des combustibles fossiles. En fin de compte, les parties n’ont pas réussi à s’entendre sur un langage formel qui ancrerait l’élimination progressive dans le résultat de la COP 30, notamment en raison de l’opposition des principaux pays producteurs de combustibles fossiles. Cependant, la question est loin d’être close. Le Brésil, en tant que président de la COP 30, a lancé une initiative pour faire avancer la question avant la COP 31. Les processus menés par la présidence ont déjà contribué à sortir des impasses politiques, et ce nouvel effort vise à travailler avec les pays volontaires pour définir des mesures pratiques pour réduire progressivement la production et l’utilisation des combustibles fossiles. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une décision négociée, cette décision pourrait influencer les discussions de l’année prochaine et contribuer à combler l’énorme fossé laissé à Belém.
Ces cinq résultats montrent à la fois du mouvement et des limites. La COP 30 a fourni de nouveaux outils, des attentes plus claires et de nouveaux espaces de coopération, mais a également mis en évidence les domaines dans lesquels l’ambition mondiale est encore en retard par rapport aux exigences de la science du climat. L’année à venir déterminera si les pays pourront transformer ces résultats en actions significatives avant la COP 31.