L’Afrique a dormi trop longtemps – Tribune Online – Nigéria – Egypte

Discours prononcé par le chef Obafemi Awolowo, vice-président du Conseil exécutif fédéral et commissaire fédéral aux finances lors du cours de formation de l’Association des banques centrales africaines à Lagos le 5 octobre 1970.

SUITE DE LA SEMAINE DERNIÈRE

De manière générale, la CEA peut être considérée comme le précurseur de la coopération économique entre États africains indépendants. Elle a notamment été l’initiatrice d’étapes qui ont rapidement conduit à :

1) la création de la Banque africaine de développement et de l’Institut africain de développement économique et de planification

2) la production du rapport Triffin, et

3) la convention de la première Conférence des gouverneurs des banques centrales africaines en février 1966.

La deuxième Conférence des gouverneurs des banques centrales africaines s’est tenue peu après la première en août 1966 et la troisième en décembre 1969. C’est lors de cette troisième conférence que l’Association des banques centrales africaines a été obligatoirement inaugurée et qu’il a été décidé d’organiser ce cours de formation.

Il ne faut pas croire que l’ABCA est la réponse à tous nos problèmes économiques, ni que le cours de formation, qui commence aujourd’hui et durera environ six semaines, apportera le remède à tous nos maux monétaires. Tout ce que l’on peut dire de ces mesures et d’autres comme la BAD et l’IDEP, c’est qu’elles constituent des pas décisifs dans la bonne direction.

Mais l’ABCA peut énormément contribuer à trouver des solutions à nos problèmes. À cet égard, il me semble opportun d’examiner ses objectifs et les méthodes proposées pour les atteindre. Il n’est pas habituel qu’une organisation expose ses objectifs ainsi que les méthodes qu’elle propose pour les atteindre. Il n’est pas habituel qu’une organisation expose ses objectifs ainsi que le mode opératoire qu’elle propose pour atteindre ces objectifs. Mais il faut accepter l’idée selon laquelle, à moins que les personnes désireuses de travailler ensemble pour atteindre certains objectifs ne puissent avoir des objectifs identiques et en même temps s’entendre sur les méthodes pour atteindre ces objectifs, la coopération qu’elles envisagent risque d’être vaine et infructueuse. Comme le disait autrefois Amos, « deux personnes peuvent-elles marcher ensemble, à moins d’être d’accord ? » L’ABCA a donc fait ce qu’il fallait en s’entendant non seulement sur des objectifs communs, mais également sur des méthodes concertées pour atteindre les objectifs qu’elle lui avait prescrits.

Selon ses statuts, les objectifs de l’ABCA sont les suivants :

i) Promouvoir la coopération dans les domaines monétaire, bancaire et financier dans la région africaine ;

ii) Aider à la formulation de lignes directrices selon lesquelles les accords entre pays africains dans les domaines monétaire et financier doivent se dérouler ;

iii) Contribuer à renforcer tous les efforts visant à instaurer et à maintenir la stabilité monétaire et financière dans la région africaine ; et

iv) Examiner l’efficacité des institutions économiques et financières internationales dans lesquelles les pays africains ont un intérêt et suggérer des moyens d’amélioration possibles.

Son mode opératoire est défini dans les termes suivants :

i) Prévoir des réunions périodiques des gouverneurs des banques centrales africaines et, lorsque les banques centrales sont inexistantes, des chefs d’institutions monétaires similaires dans la région ;

ii) Promouvoir l’échange d’idées et d’expériences sur les questions monétaires et bancaires et les questions de coopération monétaire, bancaire et financière en Afrique ;

iii) Faciliter la collecte, la mise en commun et la diffusion d’informations sur les questions monétaires, bancaires, financières et autres questions économiques intéressant ses membres.

iv) Entreprendre l’étude des problèmes monétaires et financiers dans la région africaine et de toutes les questions jugées nécessaires au maintien de la stabilité financière, ou généralement propices à une plus grande coopération entre ses membres.

v) Organisateur de séminaires, cours et autres programmes de formation pour le personnel des institutions bancaires et financières de la région africaine ;

vi) Fournir des conseils et une assistance technique qui répondent à ses objectifs et relèvent de ses fonctions ;

vii) Créer des groupes d’études et/ou des institutions et des comités sous-régionaux et tout autre organisme subsidiaire qu’il juge approprié pour faciliter l’exercice de ses fonctions et activités et la réalisation de ses objectifs ; et .

viii) Entreprendre d’autres activités et se préoccuper de toute autre question susceptible de faire avancer ses objectifs.

En employant ces méthodes de fonctionnement, l’ABCA est résolue à établir et à entretenir des relations appropriées avec des organisations internationales poursuivant des objectifs similaires ou liés aux siens.

On verra que les objectifs de l’ABCA et les méthodes proposées pour les atteindre sont louables et irréprochables. Cependant, avec la tenue de ce cours de formation, seul un petit début a été fait dans le processus long et laborieux visant à atteindre les objectifs louables que l’ABCA s’est fixés. Mais il faut souligner que cette formation constitue à la fois un bon début et un pas dans la bonne direction.

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