Dans une démocratie, la presse est souvent décrite comme le quatrième domaine, une vérification vitale du pouvoir et un conduit de vérité. Pourtant, lorsque le journaliste Hassan Mai-Waya Kangiwa a exposé les conditions déplorables à l'hôpital général de Kangiwa dans l'État de Kebbi, il n'a pas été accueilli par gratitude ou action sur l'établissement mais avec des menottes et une intimidation. Son arrestation, prétendument ordonnée par le gouverneur Nasiru Idris après la publication d'une vidéo montrant des patients allongés sur des lits en métal nu sans matelas, est un rappel frappant des dangers confrontés à ceux qui osent dire la vérité au pouvoir. Cet incident ne concerne pas simplement la détention d'un journaliste; Il s'agit du symptôme d'une maladie systémique plus large qui privilégie l'image sur l'intégrité et la suppression par rapport à la solution.
La vidéo qui a déclenché cette crise n'était pas une production sophistiquée. C'était un aperçu brut et non filtré de la réalité d'un système de santé en décomposition. Les patients ont été montrés allongés sur des lits en métal nu, un témoignage visuel des années de négligence et de mauvaise gestion. Alors que les images circulaient largement sur les réseaux sociaux, il a déclenché l'indignation du public et a réalisé un examen minutieux du système de santé de l'État. Plutôt que de s'attaquer à ces lacunes flagrantes, le gouvernement de l'État a choisi de cibler le messager. Les agents de sécurité auraient fait une descente dans la maison de Kangiwa, saisissant ses appareils mobiles et son équipement professionnel, et l'ont détenu sans explication initiale ni accès à la représentation légale. Cette réponse est emblématique d'une tendance croissante au Nigéria où les journalistes sont criminalisés pour avoir fait leur travail d'informer le public et de tenir le pouvoir responsable.
La détention de Kangiwa a déclenché une réaction rapide et puissante. Des défenseurs des droits de l'homme comme Dan Bello ont condamné l'arrestation comme une «nouvelle vague de tyrannie», tandis que des groupes pro-démocratie tels que le mouvement Take It Back ont exigé sa libération immédiate, soulignant que «le silence de la vérité n'arrêtera pas la résistance du peuple». Le hashtag #freehassankangiwanow a tendance sur les réseaux sociaux, avec les utilisateurs qui remontaient la vidéo et l'amplifiant des appels de responsabilité. Cette pression publique, combinée au plaidoyer d'organisations comme Amnesty International et l'agenda des droits des médias, a finalement forcé la main du gouvernement. Kangiwa a été libérée après deux jours, compensée par 200 000 ₦ pour sa détention illégale, et le commissaire à la santé de l'État, Yunusa Isma'il, a été suspendu pour négligence grave. Bien que ces actions soient louables, elles n'effacent pas l'injustice initiale. L'arrestation n'aurait jamais dû se produire et l'indemnisation et les suspensions ne sont que des mesures correctives après une violation flagrante des droits de l'homme.
Les actions de l'État de Kebbi font partie d'un schéma inquiétant d'attaques contre les journalistes du Nigéria. Ces derniers mois, des journalistes comme Olatunji Adebayo, ont battu en couvrant une manifestation; Blessing Okonkwo, agressé pour «reporting non autorisé»; Et Ibrahim Garba, détenu et agressé physiquement lors d'un rassemblement, a fait face à des représailles similaires pour simplement faire leur travail. Cette culture d'impunité rendue par des acteurs étatiques et non étatiques constitue une grave menace pour la liberté des médias et, par extension, à la démocratie elle-même. Lorsque les journalistes sont réduits au silence, les citoyens sont privés des informations nécessaires pour prendre des décisions éclairées, et la corruption et la négligence prospèrent dans l'ombre.
Le gouvernement de l'État de Kebbi doit maintenant répondre aux questions critiques. En vertu de quelle loi Kangiwa a-t-elle été arrêtée? A-t-il enfreint une loi ou son arrestation a-t-elle simplement tenté de museler les médias? L'image du gouvernement n'est pas ternie par des rapports mettant en évidence les domaines ayant besoin d'attention mais par sa réponse à de tels rapports. Un gouvernement confiant quant à son engagement envers son peuple accueillerait les critiques comme une opportunité d'amélioration plutôt que de la traiter comme un acte de trahison. La suspension du commissaire à la santé est un pas dans la bonne direction, mais ce n'est pas suffisant. L'État de Kebbi doit entreprendre de véritables réformes pour s'assurer que ses établissements de santé répondent aux normes de base. Cela comprend l'investissement dans les infrastructures, la formation du personnel et la promotion d'un environnement où la transparence est encouragée, non punie.
La libération de Hassan Kangiwa et la suspension du commissaire à la santé sont des victoires pour la pression publique et le plaidoyer, mais elles sont incomplètes. La Commission nationale des droits de l'homme (NHRC) a appelé à juste titre des excuses publiques du gouvernement de l'État de Kebbi à se conformer pleinement aux exigences constitutionnelles. Au-delà de cela, il doit y avoir un effort concerté pour protéger la liberté de la presse à tous les niveaux du gouvernement. Les journalistes ne sont pas ennemis de l'État. Ce sont des alliés dans la lutte pour la responsabilité et la bonne gouvernance. Le peuple de l'État de Kebbi, et en fait tous les Nigérians, méritent un gouvernement qui privilégie leur bien-être sur sa propre image. La véritable mesure de cet incident ne sera pas dans la rémunération versée ou les suspensions faites, mais pour savoir si cela conduit à un changement durable, un gouvernement qui écoute, apprend et agit dans l'intérêt de son peuple. La résistance à la tyrannie, comme l'a noté le mouvement de reprenant, ne sera pas réduite au silence. Il est du devoir collectif des Nigérians de s'assurer qu'il n'est pas vain.
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