Le Nigeria continue de produire des films exceptionnels malgré les défis de l'industrie – Olusanya – Nigéria

Malgré ses rôles en coulisses dans l'industrie cinématographique nigériane, le cinéaste prometteur Segun Temitope Olusanya s'engage à promouvoir l'industrie grâce à son talent et ses idées innovantes. Dans cette interview d'ADERONKE ADESANYA, il revient sur son parcours cinématographique et partage sa vision de l'avenir.

Vous êtes l’un des rares jeunes Nigérians à avoir contribué de manière significative à la croissance de la production cinématographique dans le pays. Comment s’est passée l’expérience ?

L’expérience a été incroyablement enrichissante mais difficile. En tant que jeune cinéaste passionné, j'ai eu le privilège de faire partie de l'industrie cinématographique et médiatique en plein essor du Nigeria.

J'ai commencé ma carrière en 2008 en tant que responsable du marketing média chez Goldmyne Entertainment. Cependant, ma passion pour le cinéma, notamment pour les feuilletons, m'a motivé à poursuivre dans cette voie. Même si le parcours a été difficile, je m’efforce de me dépasser pour atteindre mes objectifs. J'ai été inspiré par des sociétés influentes comme AK Media et Wale Adenuga Productions, qui ont produit des séries qui ont capté l'attention du public. De plus, le regretté directeur général/PDG d’AK Media était mon parent et j’ai acquis grâce à lui des informations précieuses sur le cinéma.

Malgré les progrès réalisés, il reste encore beaucoup à faire. Dans l’ensemble, mon expérience témoigne du pouvoir de la passion, de la persévérance et de la collaboration. Je suis fier de faire partie de ce voyage et impatient de voir ce que l’avenir réserve à la production cinématographique nigériane.

J'ai découvert ma passion pour la production cinématographique grâce à ma relation avec le regretté directeur général/PDG d'AK Media, qui était ma belle-famille. Pendant cette période, je vivais avec lui et il utilisait souvent sa maison pour produire des films. Cet environnement m'a fourni des informations précieuses sur l'industrie.

Mon premier emploi dans l'industrie a été en tant que professionnel du marketing média chez Goldmyne Entertainment en 2008. Cette expérience a approfondi ma compréhension de l'aspect commercial de l'industrie et m'a aidé à développer des compétences qui profiteront plus tard à ma propre société de production.

Dans l’ensemble, ma découverte d’une passion pour la production cinématographique a été un processus progressif influencé par mon exposition précoce à l’industrie, mes relations avec les professionnels de l’industrie, ainsi que ma curiosité et mon dynamisme.

Je travaille dans l'industrie cinématographique depuis plus de 14 ans, m'établissant comme un producteur et producteur exécutif réputé au Nigeria. Mon succès repose sur une narration unique, l’attention aux détails, l’adaptabilité et la grâce de Dieu. Le dévouement, le travail acharné et la grâce divine ont été la clé de mes réalisations.

Les séries narratives et dramatiques ont été confrontées à des défis importants dans l’industrie. Pourquoi donc?

L’essor des plateformes de streaming comme Netflix et Prime Video a déplacé l’attention de nombreux producteurs de séries télévisées vers les longs métrages, motivés par le potentiel de retours sur investissement plus élevés. J'ai cependant choisi de diversifier mon portfolio en produisant des séries TV et des longs métrages. Nous prévoyons de tourner deux longs métrages cette année, si Dieu le veut.

Est-il vrai que les petits budgets et la qualité compromise de la production cinématographique ont affecté la croissance de l'industrie ?

L’industrie cinématographique nigériane est actuellement divisée quant à la qualité de la production. Certains pensent qu’il y a eu une baisse, tandis que d’autres affirment que la qualité s’est améliorée. Les facteurs contribuant à la perception d'un déclin comprennent des calendriers de production précipités, un manque de formation et l'accent mis sur l'attrait commercial. Malgré cela, le Nigeria continue de produire des films exceptionnels qui mettent en valeur le talent du pays auprès du public du monde entier.

Nollywood a fait des progrès significatifs, mettant en valeur des atouts tels qu'une production en grand volume, une pertinence culturelle et une reconnaissance mondiale. Cependant, il est également confronté à des problèmes de financement limité, de piratage et de réglementation. Malgré ces obstacles, Nollywood a le potentiel de devenir un acteur majeur sur la scène mondiale grâce à des investissements continus dans les talents, les infrastructures et la réglementation.

Quelles autres activités exercez-vous en dehors de la production de films ?

En plus de la production cinématographique, je suis activement impliqué dans le marketing médiatique. J'utilise le contenu que nous produisons et diffusons sur diverses chaînes de télévision nigérianes pour attirer les publicités des agences médiatiques. Ces publicités sont diffusées pendant notre temps d'antenne programmé, générant des revenus et faisant la promotion des marques auprès de notre public.

Jusqu’à présent, quel a été votre plus grand défi ?

Mon plus grand défi a été d’obtenir des fonds pour lancer ma production en série. Cependant, grâce au soutien de ma femme et de ma famille, j’ai pu surmonter cet obstacle. Aujourd'hui, je suis fier de dire que mon parcours de production est un témoignage de persévérance et de la faveur de Dieu.

Quels conseils donnez-vous au gouvernement sur le développement de l’industrie ?

Je crois fermement que pour favoriser la croissance de l’industrie cinématographique nigériane, le gouvernement doit mettre en œuvre plusieurs mesures clés. Il s’agit notamment de fournir un soutien financier aux cinéastes, de développer les infrastructures, d’appliquer les lois anti-piratage et d’investir dans des programmes d’éducation et de formation. De plus, encourager les collaborations internationales contribuera à promouvoir la culture nigériane à l’échelle mondiale, stimulant ainsi la croissance et le développement de l’industrie.

Comment gérez-vous les admiratrices ?

Gérer les admiratrices est généralement simple pour moi. Parce que je fais profil bas et que je travaille en coulisses, je ne suis pas souvent reconnu. Lorsque des admirateurs m’approchent, je m’efforce consciemment de maintenir les interactions amicales et platoniques, en établissant clairement des limites pour éviter tout malentendu.

Quels sont vos projets pour soutenir l’industrie cette année ?

Cette année, nous prévoyons de produire deux films : un pour une sortie en salles et un autre spécialement conçu pour notre audience YouTube. Compte tenu de la croissance significative de Nollywood sur YouTube ces dernières années, nous visons à capitaliser sur cette tendance en créant un contenu de haute qualité qui attire nos téléspectateurs en ligne tout en générant des retours substantiels.

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