DÉVELOPPEMENT AGRICOLE – Tribune Online – Nigéria

Discours prononcé à la Chambre des représentants le 12 avril 1961.

Le développement agricole sera également une voie d’emploi pour nos jeunes. S’il est donc admis que la base de notre prospérité nationale, comme l’a dit le ministre lui-même, repose sur l’agriculture, alors il faut également convenir que la base doit être bel et bien et solidement posée. Ce serait se soustraire à son devoir, voire à l’un de ses devoirs premiers, que le gouvernement fédéral transfère l’entière responsabilité du développement agricole sur les gouvernements régionaux. Les gouvernements régionaux, à mon avis, font de leur mieux pour améliorer notre économie agricole. Mais le meilleur de ces efforts a besoin du soutien audacieux, imaginatif et éclairé du gouvernement fédéral si l’on veut qu’il soit suffisant pour atteindre nos objectifs. Cela aidera les gouvernements régionaux à développer et à diversifier l’économie de notre pays et à promouvoir le bien-être et le bonheur de notre population.

Ma suggestion au gouvernement est donc la suivante. Tout d’abord, le gouvernement fédéral devrait créer immédiatement une société de développement et de financement agricole. Les fonctions de cette Société de développement et de financement agricole seront, entre autres : (I) subventionner les gouvernements régionaux dans leur poursuite de l’expansion du développement agricole, en particulier dans leurs efforts de création d’instituts agricoles et de coopératives agricoles ; (2) établir, par elle-même, des industries de transformation des produits agricoles. Ma deuxième suggestion est qu’un encouragement spécial et étudié soit donné aux industries qui envisagent d’entreprendre la transformation de nos produits agricoles pour l’exportation.

Nous avons entendu parler de droits de protection imposés pour permettre l’implantation d’une minoterie dans ce pays. Mais les matières premières de l’usine devront être importées de l’étranger. Je ne sais pas si le gouvernement s’est réellement penché sur la situation économique de cette minoterie. Je suis moi-même d’avis que tôt ou tard, le gouvernement sera appelé à imposer des droits supplémentaires pour protéger cette industrie. Les grains de blé devront être importés de l’étranger et les déchets, qui sont des sous-produits de la minoterie utilisés pour l’alimentation du bétail, devront être exportés de ce pays vers d’autres pays pour être consommés ; alors que la situation aurait été différente si le gouvernement avait veillé à ce que nous ayons dans ce pays une plantation de blé d’où nous pouvons obtenir notre blé et aussi des élevages de bétail qui peuvent utiliser les sous-produits de la minoterie. Le gouvernement ne s’est pas occupé de tout cela et pourtant des droits de protection sont imposés.

J’aurai plus à dire à ce sujet lorsque j’en reviendrai au bon sujet lors du Comité des subsides. Mais ce que je voudrais souligner à ce moment, Monsieur, c’est que le gouvernement devrait, au lieu d’imposer des droits de protection en faveur des minoteries, encourager les entrepreneurs à créer des industries dans ce pays qui entreprendront la transformation en grande partie de notre arachide. , coton, cacao, palmistes, etc. Si les entrepreneurs ne sont pas disposés à se lancer seuls, le gouvernement devrait investir dans ces industries pour son propre compte. Par exemple, nos tomates ou certains de nos haricots peuvent également être transformés pour l’exportation.

Il est donc impératif que le développement agricole et l’industrialisation figurent tous deux dans nos futurs programmes de développement. Rappelons les paroles du professeur Arthur Lewis selon lesquelles « si l’agriculture reste stagnante, l’industrie ne peut pas croître ».

Monsieur, j’espère que le gouvernement n’a pas encore dit son dernier mot sur la question de la création d’une commission de planification économique.

À cet égard, puis-je dire, monsieur, qu’il n’est pas exact de dire que l’hon. ministre des Finances de dire, comme il l’a dit l’autre jour, qu’il n’existe aucune organisation de même nature dans l’ouest du Nigeria. Il y a toujours eu, et il y a encore, je crois, un comité de planification économique composé en partie de fonctionnaires qualifiés en matière économique et d’étrangers qui sont des économistes ou des hommes d’affaires.

Compte tenu du peu de temps dont je dispose, permettez-moi de répéter ma suggestion précédente et je la répète simplement parce que le gouvernement n’a pas encore jugé bon d’accepter cette suggestion très précieuse. Tout d’abord, je pense que le Conseil économique national devrait être réorganisé de manière à ce que les premiers ministres des régions soient membres de cette organisation avec leurs ministres en charge des questions économiques. À l’heure actuelle, le Conseil économique national dispose de trop peu de pouvoir pour formuler une quelconque politique importante. Deuxièmement, je pense que le Comité conjoint de planification devrait être transformé en une commission de planification économique de grande envergure, composée en partie de fonctionnaires qualifiés dans les domaines économiques et également d’étrangers, tous Nigérians, qui sont des hommes d’affaires et qui sont également connus économistes.

Désormais, la tâche du Conseil économique national, tel que reconstitué, sera de définir des politiques concernant les objectifs et les priorités, ainsi que de coordonner les activités économiques de l’ensemble de la fédération. La Commission de planification économique, d’autre part, élaborera des programmes détaillés et, de temps à autre, réexaminera tout programme quinquennal pendant la durée de ce programme. Je ne doute pas de la compétence des économistes employés dans les ministères des Finances, du Commerce, de l’Industrie et de la Planification économique, mais ce sont des fonctionnaires et en tout cas leurs efforts, qui me paraissent actuellement diffus, doivent être canalisés. Cela n’est possible, à mon avis, que grâce à un Conseil économique national réorganisé et à une Commission de planification économique dotée de pouvoirs élevés.

CONTINUE LA SEMAINE PROCHAINE

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