Les ministres arabes appellent à l'ouverture de tous les points de passage entre Israël et Gaza pour l'acheminement de l'aide – Egypte

LE CAIRE – 21 mars 2024 : les ministres d’Égypte, d’Arabie saoudite, de Jordanie, du Qatar et des Émirats arabes unis ont appelé conjointement à l’ouverture de tous les postes frontaliers entre Israël et la bande de Gaza pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire.

Même si Gaza et Israël partagent six postes frontaliers, dont le célèbre passage d’Erez, la plupart d’entre eux ne sont actuellement pas opérationnels à des fins humanitaires.

Actuellement, l’aide à Gaza est principalement acheminée via le poste frontière de Rafah entre l’Égypte et Gaza, ainsi que le poste frontière de Kerem Abu Salem, qui tombe sous contrôle israélien.

La lenteur des procédures d'inspection et des restrictions israéliennes a entraîné des retards importants et entravé la livraison ponctuelle de l'aide, exacerbant ainsi la grave pénurie alimentaire dans la bande de Gaza.

Les Nations Unies ont averti qu'un quart des 2,3 millions d'habitants de Gaza sont au bord de la famine.

Les ministres des Affaires étrangères de l'Égypte, de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Jordanie, ainsi que le ministre d'État des Émirats arabes unis chargé de la coopération internationale, se sont réunis jeudi au Caire aux côtés du secrétaire général du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine.

La réunion a coïncidé avec la visite du secrétaire d'État américain Antony Blinken au Caire, où il s'est entretenu avec le président égyptien Abdel Fattah El-Sisi et le ministre des Affaires étrangères Sameh Choukry.

Des informations locales indiquent que les responsables arabes rencontreront le secrétaire Blinken dans la capitale égyptienne pour discuter de la situation à Gaza.

Au cours de leur réunion, les responsables arabes ont souligné la nécessité urgente de parvenir à un cessez-le-feu global et immédiat, ainsi que d'améliorer l'accès à l'aide humanitaire, selon un communiqué commun.

Ils ont appelé à la suppression de toutes les barrières imposées par Israël qui entravent la pleine mise en œuvre de la résolution 2720 du Conseil de sécurité des Nations Unies, afin de répondre aux besoins urgents de plus de deux millions de Palestiniens confrontés à la famine à Gaza.

Les responsables arabes ont réaffirmé leur rejet de toute tentative visant à déplacer les Palestiniens de leurs terres et à éliminer la cause palestinienne.

Ils ont appelé à apporter un soutien total à l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

Les responsables ont souligné l’importance pour Israël de s’abstenir de toute action unilatérale qui compromet les perspectives d’une paix juste, y compris les colonies et autres activités visant à modifier le statut historique et juridique de Jérusalem, ainsi que de ses lieux saints islamiques et chrétiens.

Ils ont souligné le rôle important de la tutelle hachémite dans la sauvegarde de ces sites sacrés et la préservation de leur identité arabe, islamique et chrétienne.

En outre, les responsables ont réitéré la nécessité de mettre en œuvre la solution à deux États et d'établir un État palestinien conformément aux résolutions internationales et à l'Initiative de paix arabe.

La guerre à Gaza dure depuis plus de cinq mois, les attaques israéliennes tuant environ 32 000 personnes, endommageant ou détruisant la plupart des infrastructures de Gaza et aggravant la crise alimentaire à Gaza.

Des négociations de cessez-le-feu indirect sont actuellement en cours entre le Hamas et Israël, facilitées par des médiateurs égyptiens, qataris et américains, dans le but de mettre fin au conflit à Gaza pour une période d'au moins six semaines.

De nombreux pays, notamment l’Égypte, sont profondément préoccupés par les projets israéliens d’invasion terrestre de Rafah, une ville du sud de Gaza qui abrite actuellement près de 1,5 million de Palestiniens, contre environ 200 000 avant la guerre.

La ville de Rafah se trouve à la frontière entre l’Égypte et Gaza.

La semaine dernière, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a donné son accord pour une éventuelle invasion terrestre à Rafah, qui comprendrait l'évacuation de la population.

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