La récente décision des États-Unis de classer le Nigeria comme « pays particulièrement préoccupant » a attiré l’attention du monde entier, mais elle risque également de négliger d’importantes réformes et gains de sécurité actuellement en cours dans la plus grande démocratie d’Afrique. Alors que le Nigeria est confronté à des défis indéniables en matière de sécurité et de tolérance religieuse, le récit est incomplet sans reconnaître les mesures délibérées prises par l’administration Tinubu pour défendre la liberté religieuse, protéger les communautés et restaurer la stabilité. Depuis son entrée en fonction, l’administration du président Bola Ahmed Tinubu a traité de manière urgente la sécurité et l’unité nationale. La reprise des opérations antiterroristes a perturbé les principaux réseaux d’insurgés dans le Nord-Est, tandis que les déploiements intensifiés menés par les services de renseignement dans la région du Centre-Nord continuent de réduire les affrontements entre agriculteurs et éleveurs. Dans le Nord-Ouest, les offensives militaires dégradent précisément les réseaux de bandits, et le renforcement de la sécurité maritime dans le delta du Niger et le golfe de Guinée a considérablement réduit la piraterie et le vol de pétrole, préservant ainsi à la fois les vies et les biens nationaux.
Au-delà des opérations de sécurité, le gouvernement a renforcé les programmes de réconciliation communautaire et les interventions socio-économiques pour s’attaquer aux causes profondes du conflit. Le soutien humanitaire aux personnes déplacées s’est élargi, les plateformes de dialogue interreligieux ont été renforcées et les cadres de police communautaire sont améliorés. Il est important de noter que les droits des Nigérians de pratiquer librement leur culte, qu’ils soient chrétiens, musulmans ou d’autres confessions, restent garantis et activement défendus, le président affirmant constamment qu’aucun citoyen ni liberté religieuse ne doit être compromis. Dans le même temps, l’administration a mis en œuvre des réformes économiques qui peuvent être impopulaires dans certains milieux, mais qui sont pourtant nécessaires pour relancer l’économie après des années de tensions structurelles. La suppression des subventions aux carburants, l’alignement des taux de change et une discipline budgétaire plus stricte visant à stabiliser l’environnement macroéconomique, à attirer les investissements et à jeter les bases d’une croissance durable. Dans une phase aussi délicate, une désignation de cette nature risque d’ébranler la confiance des investisseurs et d’exercer une pression supplémentaire sur une économie fragile mais en reprise.
Des conversations avec des responsables et des experts politiques à Washington, où j’ai déjà travaillé, révèlent que des preuves documentaires et vidéo, ainsi qu’un engagement direct auprès des victimes et des groupes de défense, ont éclairé la décision du gouvernement des États-Unis. Que l’on soit d’accord ou non avec la conclusion de Washington, sa position est basée sur les évaluations des services de renseignement et les témoignages des survivants. Le Nigéria doit donc réagir avec clarté et confiance. Le Nigeria est confronté à un terrorisme persistant, et peu de pays ont investi autant de vies, de ressources et d’efforts politiques dans la lutte contre l’extrémisme violent et dans la protection des communautés religieuses. La société civile dynamique et les médias indépendants du Nigeria restent d’importants instruments de responsabilité. Les partenaires internationaux, notamment l’Union européenne et les Nations Unies, ont reconnu l’engagement renouvelé du Nigéria en faveur d’une gouvernance inclusive et de l’État de droit. Le Nigéria se félicite d’un engagement international constructif. À cette fin, le gouvernement devrait approfondir le dialogue avec Washington, partager des renseignements, examiner attentivement les preuves citées et fournir un contexte supplémentaire sur les activités terroristes vérifiées affectant les communautés de toutes confessions. L’engagement coopératif, plutôt que l’isolement, contribuera à garantir la compréhension mutuelle et à éviter une déformation des réalités sur le terrain.
Des étiquettes de cette nature peuvent enhardir les discours extrémistes, déstabiliser les marchés et saper les réformes en cours visant à bâtir une nation plus sûre et plus prospère. Les États-Unis restent un partenaire stratégique, et un engagement soutenu fondé sur le respect mutuel et des valeurs démocratiques partagées restent essentielles. La voie à suivre par le Nigeria nécessite la collaboration et le dialogue, en particulier à un moment où les réformes commencent à produire des progrès progressifs. Le Nigéria reconnaît ses défis et les relèves avec détermination et réforme. L’avenir de la nation ne sera pas déterminé par des étiquettes extérieures, mais par des progrès nationaux continus, une diplomatie constructive et un véritable partenariat international.
• Soneye est un entrepreneur en médias et une stratégie en communications.