LE CAIRE – 9 novembre 2024 : le Qatar a averti samedi qu'il n'accepterait pas les tentatives de « chantage » sur sa médiation entre le Hamas et Israël pour parvenir à un cessez-le-feu à Gaza après de récents rapports sur le retrait de Doha des pourparlers.
Une source diplomatique a révélé aujourd'hui à l'AFP que le Qatar s'est retiré en tant que médiateur crucial dans les négociations de cessez-le-feu à Gaza, informant le Hamas et Israël qu'il ne poursuivrait pas ce rôle en raison du « manque de bonne foi » actuel dans les discussions en cours.
Cette nouvelle intervient après que les États-Unis auraient exhorté le Qatar à éliminer la présence politique du Hamas à Doha, la considérant comme « n’étant plus acceptable », après que le mouvement palestinien eut rejeté une proposition de cessez-le-feu à court terme présentée à la mi-octobre.
RUPTURE : Le Qatar se retire de son rôle de médiateur clé dans les négociations de cessez-le-feu à Gaza après 13 mois de guerre, selon une source à l'AFP#Egypte #Palestine #Moyen-Orient #Israël #GAZA | #تحيا_مصر #مصر #فلسطين #إسرائيل #غزة #تضامناً_مع_فلسطين #هدنة #الهدنة #الاسرى #رفح #قطر pic.twitter.com/vPsqBF0JdV
– Magazine Égypte aujourd’hui (@EgyptTodayMag) 9 novembre 2024
« L'État du Qatar n'acceptera pas que la médiation soit une raison pour le faire chanter », a déclaré Majed Al Ansari, porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar, citant « la manipulation depuis l'échec de la première pause et de l'accord d'échange de femmes et d'enfants ».
Un accord de cessez-le-feu à court terme à Gaza, négocié par le Qatar, l’Égypte et les États-Unis en novembre de l’année dernière, a conduit à la libération d’une centaine de prisonniers israéliens détenus dans l’enclave en échange d’environ 240 prisonniers palestiniens.
Dans ses remarques, Al Ansari a souligné que cette manipulation depuis la première pause inclut notamment « le retrait des obligations convenues par la médiation et l’exploitation de la poursuite des négociations pour justifier la poursuite de la guerre pour servir des objectifs politiques étroits ».
RAPPORTS DE RETRAIT « INEXACTS »
Le porte-parole du ministère a qualifié d'« inexactes » les informations faisant état du retrait de Doha des efforts de médiation.
Il a toutefois confirmé que le Qatar avait informé il y a 10 jours les parties aux négociations qu'il mettrait fin aux médiations si un accord n'était pas conclu lors du cycle de négociations à ce moment-là.
Al Ansari a souligné que le Qatar reprendrait son rôle de médiation avec ses partenaires « lorsque les parties montreront leur volonté et leur sérieux pour mettre fin à la guerre brutale et aux souffrances continues des civils causées par les conditions humanitaires catastrophiques dans la bande de Gaza ».
FERMER LE BUREAU DU HAMAS ?
La source diplomatique a déclaré à l'AFP qu'avec le retrait du Qatar en tant que médiateur clé dans les négociations sur Gaza, le bureau politique du Hamas au Qatar est désormais jugé inefficace pour atteindre ses objectifs.
Cependant, Al-Ansari a souligné que les informations des médias sur le bureau du Hamas à Doha sont également « inexactes ».
#MISE À JOUR Le Qatar a suspendu son rôle de médiateur clé pour un accord de cessez-le-feu à Gaza après avoir décidé que le Hamas et Israël n'étaient pas disposés à négocier « de bonne foi », a indiqué une source diplomatique.
Liban : au moins 20 morts à l'est, 11 au sud – ministère de la santéhttps://t.co/bkJXXhBQZu pic.twitter.com/EoHmkJa7zk
– Agence de presse AFP (@AFP) 9 novembre 2024
Il a affirmé que le bureau du Hamas a servi de canal de communication entre les parties concernées, contribuant à la réalisation des cessez-le-feu lors des étapes précédentes et au maintien du contrôle dans la bande de Gaza, y compris pendant la pause de novembre.
Un aîné Hamas Un responsable a déclaré aujourd'hui à l'AFP que Hamas n'a pas été notifié par Qatar que le mouvement devrait quitter le pays, siège de son bureau politique depuis des années.
APPEL À L'EXPULSION DU HAMAS
Un haut responsable de l’administration américaine a déclaré vendredi à Reuters que les partenaires américains « ne devraient plus accueillir… [Hamas] dirigeants » après le rejet par le Hamas des propositions de libération des captifs.
« Nous l'avons clairement fait savoir au Qatar après le rejet par le Hamas, il y a quelques semaines, d'une autre proposition de libération d'otages », a déclaré le haut responsable, s'exprimant sous couvert d'anonymat.
La source a ajouté que Washington avait exhorté le Qatar ces dernières semaines à fermer immédiatement le bureau politique du Hamas.
POURparlers bloqués
Le Qatar, ainsi que l'Égypte et les États-Unis, jouent le rôle de médiateurs clés entre le Hamas et Israël depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023. Depuis l'échec de la pause de novembre, les efforts des médiateurs n'ont pas réussi à mettre fin à la guerre. .
La guerre à Gaza a tué plus de 43 500 personnes et en a blessé plus de 102 700 autres, selon le ministère de la Santé de Gaza samedi.
En octobre, le Hamas a souligné son adhésion à sa demande d'un cessez-le-feu permanent à Gaza comme condition préalable à la libération des captifs, affirmant qu'il n'accepterait pas une trêve temporaire.
« L'idée d'une pause temporaire dans la guerre, pour ensuite reprendre l'agression plus tard, est une chose sur laquelle nous avons déjà exprimé notre position », a déclaré à l'AFP le haut responsable du Hamas, Taher al-Nunu. « Le Hamas est favorable à une fin définitive de la guerre, et non pas à une fin temporaire. »
Pendant ce temps, l’Israélien Benjamin Netanyahu adhère à l’objectif de guerre consistant à rendre les captifs sains et saufs et à détruire les capacités militaires et gouvernementales du Hamas.
Les attaques israéliennes de ces derniers mois ont entraîné la mort d'un grand nombre de la centaine de captifs encore détenus à Gaza, comme l'a rapporté le Hamas.
Le 1er septembre, l'armée israélienne a affirmé avoir récupéré les corps de six captifs dans des tunnels sous l'enclave, dont Goldberg-Polin, 23 ans, un captif israélo-américain.