Le cabinet israélien discutera des nouvelles lignes d’un accord d’échange de prisonniers issu des négociations de Paris – Egypte

LE CAIRE – 24 février 2024 : Le cabinet de guerre israélien devrait se réunir dans les prochaines heures pour discuter d’une nouvelle proposition d’accord d’échange de prisonniers issue des pourparlers tenus vendredi à Paris.

Les discussions à Paris ont impliqué de hauts responsables égyptiens, qatariens, américains et israéliens, dans le but de parvenir à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza déchirée par la guerre.

Des sources indiquent que même si des progrès ont été réalisés dans les négociations, certains détails cruciaux doivent encore être convenus, comme le nombre et l’identité des prisonniers palestiniens qui seront libérés des prisons israéliennes en échange des captifs, comme l’ont rapporté les médias israéliens.

On ne sait toujours pas comment Israël répondrait désormais aux demandes précédentes du Hamas, qui incluaient l’augmentation de l’accès de l’aide humanitaire à Gaza et le retrait d’Israël de la partie nord de la région.

Les pourparlers de Paris comprenaient la participation d’Abbas Kamel, le chef du Service de renseignement général (GIS) égyptien ; Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, Premier ministre du Qatar ; David Barnea, directeur du Mossad israélien ; Ronen Bar, le chef du Shin Bet ; et William Burns, le chef de la CIA.

Il s’agit de la troisième réunion entre les quatre parties depuis fin janvier, alors qu’elles s’efforcent de mettre un terme aux attaques israéliennes, d’étendre l’acheminement de l’aide et de faciliter l’échange de détenus.

Menace de l’opération Rafah

Les pourparlers ont lieu alors que la situation humanitaire à Gaza s’effondre à la lumière des frappes israéliennes, de l’obstruction des efforts d’acheminement de l’aide et du fait que presque toutes les installations de santé deviennent inutilisables.

L’Egypte a intensifié ses appels à la cessation des hostilités israéliennes, en particulier alors qu’Israël a annoncé son intention de lancer une offensive militaire à Rafah, dans le sud de Gaza, qui partage une frontière avec le Sinaï.

L’Égypte a exprimé ses inquiétudes quant aux conséquences humanitaires catastrophiques d’une opération militaire à Rafah, une ville dont la population est passée de 200 000 habitants avant la guerre à environ 1,5 million de Gazaouis.

L’Égypte considère également cette offensive potentielle comme faisant partie d’une « politique systématique israélienne » visant à pousser la population de la ville à travers la frontière égyptienne, une question que le Caire a qualifiée de « ligne rouge ».

Parallèlement, le Caire a exprimé l’urgence d’activer la solution à deux États et la création d’un État palestinien indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale, comme seul moyen de parvenir à la paix au Moyen-Orient.

L’Egypte a participé mercredi aux audiences consultatives de la Cour internationale de Justice (CIJ) qui se tiennent pour examiner les conséquences juridiques de l’occupation israélienne de Gaza. L’Égypte a appelé à la fin immédiate de l’occupation.

Coordination avec le Hamas

De l’autre côté, le Caire reçoit également des délégations du Hamas, conduites par le chef du bureau politique du mouvement, Ismail Haniyeh.

Vendredi, le Hamas a déclaré avoir conclu une visite au Caire, où ils ont discuté avec des responsables égyptiens des moyens de mettre fin à l’agression israélienne à Gaza ainsi que des projets d’Israël visant à empêcher les habitants de Cisjordanie de prier dans la mosquée Al-Aqsa pendant le Ramadan.

Israël menace de mettre en œuvre son offensive sur Rafah d’ici le Ramadan, ignorant les condamnations mondiales.

Alors que les États-Unis participent aux pourparlers de cessez-le-feu, ils ont bloqué une résolution soutenue par les Arabes exigeant un cessez-le-feu humanitaire immédiat à Gaza lors d’un vote au Conseil de sécurité mardi.

C’est la troisième fois que les États-Unis utilisent leur droit de veto au Conseil de sécurité pour bloquer des résolutions visant à un cessez-le-feu dans cette bande ravagée par la guerre.

En 141 jours, les forces israéliennes ont tué 29 606 personnes et blessé près de 70 000 autres à Gaza, selon le ministère de la Santé de Gaza samedi.

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