LE CAIRE – 13 septembre 2024 : Le ministre des Affaires étrangères Badr Abdelatty a réitéré le rejet de l'Égypte à la présence militaire israélienne dans le corridor de Philadelphie et dans la section palestinienne du passage de Rafah, qualifiant cette présence d'« objectifs politiques ».
Lors d'une réunion ministérielle axée sur la cause palestinienne et la solution à deux États, organisée par Madrid, en Espagne, M. Abdelatty a souligné que le positionnement d'Israël dans ces zones vise à entraver le retour légitime de l'autorité palestinienne à Gaza.
Il a condamné ces actions comme des efforts visant à saboter les efforts de médiation menés par l’Égypte, le Qatar et les États-Unis visant à parvenir à un cessez-le-feu et à un accord d’échange de prisonniers.
Par ailleurs, Abdelatty a souligné que cette présence israélienne a entraîné un ralentissement du flux d’aide humanitaire vers Gaza.
Il a souligné l'utilisation par Israël de la faim comme arme contre les Palestiniens, tout en refusant d'exploiter pleinement ses points de passage avec Gaza pour faciliter l'acheminement de l'aide, conformément à ses obligations légales en tant que force d'occupation.
Rafah et Philadelphie reprennent le contrôle
Depuis mai, Israël a pris le contrôle de la partie palestinienne du passage de Rafah, entraînant l'obstruction du principal point de distribution de l'aide, ainsi que du corridor Philadelphie, zone tampon à la frontière entre l'Egypte et Gaza.
De hautes sources égyptiennes ont toujours exprimé leur opposition au contrôle israélien sur ces régions. Néanmoins, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a maintenu avec détermination la présence israélienne dans le corridor pour empêcher tout trafic d'armes présumé.
La position inébranlable de Netanyahu concernant le corridor de Philadelphie a empêché un accord de cessez-le-feu, une démarche réclamée par la communauté internationale et par les familles des captifs détenus à Gaza depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre.
Pression continue
Ces derniers jours, des manifestations de plus en plus nombreuses ont eu lieu dans les villes israéliennes, notamment après la mort de six prisonniers, dont un Américain, à Gaza.
Les manifestants et les familles des prisonniers ont exigé un accord de libération des prisonniers avant qu'il ne soit trop tard pour leurs proches.
Le Hamas a réitéré sa volonté d’accepter un accord de cessez-le-feu qui mettrait fin à la guerre israélienne, permettrait le retour des Gazaouis déplacés dans leurs foyers, assurerait le retrait complet des forces israéliennes de Gaza et renforcerait les efforts de distribution d’aide.
L’Égypte, les États-Unis et le Qatar ont intensifié leurs efforts de médiation pour combler les écarts entre le Hamas et Israël, le Caire et Doha accueillant des cycles de négociations de cessez-le-feu indirectes entre les deux parties.
Bien qu’aucune avancée dans les négociations n’ait été signalée jusqu’à présent, les trois pays continuent d’exercer une pression sur les deux parties pour qu’elles acceptent un accord basé sur les principes énoncés par le président américain Joe Biden fin mai.
Plaidoyer pour une solution à deux États
Lors de la réunion de Madrid, Abdelatty a réitéré l'engagement de l'Égypte à collaborer avec toutes les parties internationales pour mettre en œuvre la solution à deux États, qui envisage la création d'un État palestinien indépendant basé sur les frontières du 4 juin 1967.
Il a souligné que la reconnaissance de l’État palestinien et son adhésion à part entière aux Nations Unies sont des droits du peuple palestinien et des responsabilités de la communauté internationale.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères a exprimé sa gratitude envers l’Espagne, la Norvège, l’Irlande et la Slovénie pour leur récente reconnaissance de l’État palestinien, qui défend efficacement les droits légitimes du peuple palestinien, y compris son droit à l’autodétermination.
Abdelatty a souligné les conditions humanitaires désastreuses à Gaza et les violations quotidiennes du droit international humanitaire par Israël, en particulier en ciblant les civils.
Réunion de Madrid
La réunion de Madrid a réuni des ministres de pays musulmans et européens, ainsi que des membres du Comité ministériel nommé par le Sommet arabo-islamique conjoint sur Gaza.
Par ailleurs, le président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez a convoqué une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays participant aux discussions de Madrid. Au cours de cette réunion, Abdelatty a souligné l'urgence d'un cessez-le-feu à Gaza et la libre livraison de l'aide humanitaire.
Il a également appelé au retrait israélien de la section palestinienne du passage de Rafah et du corridor de Philadelphie.
Abdelatty a appelé à des actions immédiates pour répondre aux aspirations légitimes du peuple palestinien et établir un État palestinien indépendant.