Crise au Moyen-Orient : comment la Tanzanie peut absorber les chocs énergétiques mondiaux – Tanzanie

DODOMA : PLUS de 30 pour cent du pétrole brut mondial provient de pays du Moyen-Orient, une région actuellement touchée par les tensions persistantes entre les États-Unis, Israël et l’Iran.

Chaque fois que le conflit s’intensifie dans cette région, cela a un impact direct sur les prix mondiaux du pétrole, en particulier pour les pays qui dépendent des importations, dont la Tanzanie.

Alors que les infrastructures pétrolières clés, y compris les installations de stockage dans le Golfe, deviennent des cibles potentielles, les inquiétudes concernant les ruptures d’approvisionnement continuent de croître. Les analystes du secteur de l’énergie préviennent que si le conflit persiste, les prix mondiaux du pétrole pourraient augmenter considérablement.

Le Moyen-Orient reste la première plaque tournante mondiale de la production pétrolière. Lorsque la région est plongée dans un conflit, la production, le transport et les chaînes d’approvisionnement sont perturbés, provoquant une hausse des prix sur le marché mondial.

Le facteur du détroit d’Ormuz

Le détroit d’Ormuz, l’une des routes de transport de pétrole les plus fréquentées au monde, constitue une préoccupation majeure. Bordé par l’Iran au nord et par Oman et les Émirats arabes unis (EAU) au sud, le détroit relie le Golfe à la mer d’Oman.

Environ 20 pour cent du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux transitent par ce corridor, y compris les exportations de l’Irak, du Koweït, du Qatar, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Le conflit en cours a perturbé les activités de transport maritime dans la région.

Les rapports indiquent que des milliers de navires traversent généralement le détroit chaque mois, mais le trafic a récemment diminué en raison de problèmes de sécurité, plusieurs navires ayant été apparemment ciblés depuis l’escalade des hostilités.

Les prix mondiaux des carburants ont déjà réagi à la crise, les prix du pétrole brut augmentant fortement en raison des craintes d’une instabilité prolongée.

Implications pour la Tanzanie

Sans fin claire du conflit en vue, la Tanzanie, comme de nombreux pays importateurs de pétrole, est confrontée à des difficultés économiques potentielles.

Le pays dépend fortement des produits pétroliers importés depuis la fermeture des raffineries de pétrole nationales dans les années 1990.

Le carburant utilisé en Tanzanie est importé via le système d’approvisionnement en gros (BPS), dans le cadre duquel la demande des sociétés de commercialisation du pétrole est consolidée et les appels d’offres sont lancés à des fournisseurs pré-qualifiés pour garantir des prix compétitifs et un approvisionnement fiable.

Une part importante de ces importations provient du Moyen-Orient et d’Asie, notamment d’Inde, exposant le pays à des risques géopolitiques dans ces régions.

Toute perturbation des principales routes pétrolières mondiales pourrait rapidement affecter la disponibilité et les prix du carburant en Tanzanie.

La hausse des prix mondiaux pourrait accroître les coûts d’importation, en raison de la hausse des primes d’assurance, des risques de transport et des retards d’expédition. En outre, la hausse des prix du carburant pourrait accroître la demande de devises étrangères, notamment de dollars américains, ce qui exercerait une pression supplémentaire sur les réserves de change du pays.

Cela pourrait à son tour augmenter les coûts de transport et de production dans divers secteurs de l’économie.

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Atténuer l’impact

Alors que le conflit se poursuit, les experts soulignent la nécessité de stratégies à court et à long terme pour amortir l’économie.

Une mesure clé est la promotion du gaz naturel comprimé (GNC) comme carburant alternatif, notamment pour les transports urbains, afin de réduire la dépendance aux produits pétroliers importés.

Lors d’une récente visite à la station GNC de Mlimani à Dar es Salaam, les membres du Comité parlementaire permanent de l’énergie et des minéraux ont exhorté le gouvernement à intensifier ses efforts pour accroître l’utilisation du gaz naturel.

La présidente du comité, Subira Mgalu, a souligné que le gaz naturel offre une option énergétique abordable et respectueuse de l’environnement, appelant à un investissement accru dans les infrastructures de GNC et à une adoption plus large dans les transports et les ménages.

Le comité a également recommandé que les institutions publiques adoptent des véhicules fonctionnant au GNC pour réduire les coûts de carburant et améliorer l’efficacité, tout en exhortant la Société tanzanienne de développement pétrolier (TPDC) à étendre les stations-service à l’échelle nationale.

Les experts recommandent en outre d’augmenter les réserves stratégiques de carburant de 15 jours actuellement à au moins 20 jours pour renforcer la sécurité énergétique nationale.

Une autre étape cruciale est la création d’une réserve pétrolière stratégique (SPR), comme le prévoit la loi pétrolière de 2015.

Une telle réserve garantirait des stocks de carburant suffisants en cas d’urgence ou de rupture d’approvisionnement mondial. La sensibilisation du public est également essentielle.

Éduquer les citoyens sur les tendances du marché pétrolier mondial peut les aider à mieux comprendre les fluctuations des prix nationaux des carburants.

Compte tenu de l’importance stratégique du Moyen-Orient dans l’approvisionnement énergétique mondial, les évolutions dans la région continueront d’être étroitement surveillées.

Le conflit en cours est susceptible d’influencer les prix et la disponibilité du pétrole non seulement sur les marchés internationaux mais aussi dans les pays dépendants des importations comme la Tanzanie.

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