Le président égyptien et la chancelière allemande appellent à tout mettre en œuvre pour mettre fin à la guerre à Gaza et éviter les débordements régionaux – Egypte

LE CAIRE – 29 août 2024 : Le président Abdel Fattah El-Sisi et le chancelier allemand Olaf Scholz ont souligné l’urgence de déployer tous les efforts possibles pour mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza, qui dure depuis près d’un an, et pour empêcher son expansion dans toute la région.

Les deux dirigeants ont discuté mercredi au téléphone de l'évolution de la situation au Moyen-Orient, a rapporté le porte-parole de la présidence égyptienne, Ahmed Fahmy. Ils ont également profité de l'occasion pour réaffirmer leur engagement à renforcer les relations bilatérales et à coordonner leurs efforts sur les questions régionales et mondiales d'intérêt commun.

Al-Sissi a souligné l’importance d’un rôle décisif et efficace de la communauté internationale pour garantir la volonté politique nécessaire pour faciliter un cessez-le-feu et un échange de captifs et de détenus, ainsi qu’un engagement actif dans les efforts de médiation.

Il a également souligné la nécessité d’une voie politique globale visant à établir un État palestinien indépendant basé sur la solution à deux États, en conformité avec les résolutions internationales pertinentes, pour parvenir à une stabilité durable dans la région.

Sissi et Scholz ont convenu de maintenir des consultations et une coordination continues concernant les efforts visant à restaurer la stabilité et la paix régionales.

Scholz a salué les efforts déployés par l'Egypte pour désamorcer la crise et mettre fin à la guerre à Gaza ainsi que pour fournir une aide humanitaire à l'enclave.

La chancelière allemande a souligné la vision commune des deux pays sur la nécessité urgente d'assurer la livraison d'une aide d'urgence suffisante pour répondre à la catastrophe humanitaire endurée par la population de Gaza.

Pourparlers de cessez-le-feu en cours

Plus tôt cette semaine, le Caire a accueilli des pourparlers de haut niveau impliquant des représentants de l’Égypte, du Qatar, d’Israël et des États-Unis, dans le but de parvenir à un accord de cessez-le-feu.

Toutefois, les discussions se sont achevées dimanche sans accord final et devraient reprendre à Doha, selon une déclaration d'un responsable américain à AP.

Le directeur de la CIA, William Burns, et le directeur du Mossad israélien, David Barnea, ont participé aux pourparlers, tandis qu'une délégation du Hamas a reçu des informations de la part des médiateurs égyptiens et qataris sur les résultats sans implication directe dans les réunions.

Le Hamas a réitéré que tout accord potentiel doit inclure un cessez-le-feu permanent, le retrait complet des forces israéliennes de Gaza, le retour des résidents déplacés dans leurs foyers, des efforts de reconstruction et de secours, et un échange substantiel de prisonniers.

Entre-temps, Israël a déjà exigé un cessez-le-feu, mettant potentiellement en péril les accords en insistant sur le maintien d'une présence militaire dans le couloir de Philadelphie, le long de la frontière entre l'Égypte et Gaza, et dans le couloir de Netzarim, qui sépare le nord de Gaza du sud.

Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a confirmé mercredi l'envoi d'une délégation israélienne à Doha, bien que les détails spécifiques sur les participants n'aient pas été divulgués.

En quête d'un cessez-le-feu

Le Caire et Doha ont été des lieux centraux pour les négociations de cessez-le-feu au cours des derniers mois, visant à mettre un terme aux frappes aériennes israéliennes en cours depuis l'attaque du Hamas du 7 octobre et à ouvrir la voie à un éventuel échange de prisonniers entre les parties en conflit.

Début août, les médiateurs américains ont présenté une proposition soutenue par l’Égypte et le Qatar, visant à combler les divergences restantes entre Israël et le Hamas, avec des efforts en cours pour finaliser les détails de mise en œuvre, comme indiqué dans une déclaration conjointe des trois pays.

En tant que médiateurs, l’Égypte, le Qatar et les États-Unis ont intensifié leurs efforts pour obtenir un cessez-le-feu dans un contexte de tensions régionales croissantes, notamment à la lumière des récentes attaques israéliennes contre le Liban et l’Iran.

Au cours du week-end, le Hezbollah libanais a annoncé la conclusion de la « première phase » des frappes de représailles contre Israël suite à l'assassinat du commandant du Hezbollah Fuad Shukr à Beyrouth par les forces israéliennes fin juillet.

Au cours de cette vague d'attaques, le Hezbollah a déclaré avoir déployé des drones et lancé des centaines de roquettes Katyusha ciblant 11 installations militaires israéliennes.

Simultanément, l'armée israélienne a révélé que des dizaines d'avions de guerre ont mené des opérations à l'intérieur du Liban après avoir détecté les préparatifs du Hezbollah visant à lancer des roquettes vers Israël.

Une source de sécurité au Liban, citée par Reuters, a fait état d'une quarantaine de frappes aériennes israéliennes touchant les régions du sud du pays.

L'Iran, le Hezbollah, les Houthis au Yémen et le Hamas ont tous juré de riposter contre Israël en réponse aux meurtres de Shukr et du chef du bureau politique du Hamas, Ismail Haniyeh, à Téhéran par les forces israéliennes en juillet.

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