Sénégal : décès d’Ousmane Tanor Dieng, secrétaire général du PS

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Le secrétaire général du Parti socialiste sénégalais est décédé ce lundi matin en France. Ousmane Tanor Dieng, 72 ans, qui fut l’un des principaux opposants à Abdoulaye Wade, avait été plusieurs fois candidat à l’élection présidentielle, avant de rallier Macky Sall, en 2012, ouvrant la voie à une crise profonde au sein de son parti.

Le secrétaire général du Parti socialiste (PS) et président du Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT) est décédé en France. L’information, annoncée ce lundi matin par iRadio, a été confirmée à Jeune Afrique par plusieurs sources concordantes dans l’entourage d’Ousmane Tanor Dieng. « Le Sénégal vient de perdre un homme d’État d’une dimension exceptionnelle, un digne fils de la République dont le parcours constitue un exemple d’abnégation et un modèle d’engagement patriotique », a réagit la présidence de la République sénégalaise dans un communiqué publié en début d’après-midi.

Celui qui défendait la « République des valeurs » – son slogan lors de sa dernière candidature à une élection présidentielle, en 2012 – avait été choisi par le président Abdou Diouf pour lui succéder à la tête du PS en 1996. Il n’avait, depuis, plus lâché la barre du navire socialiste, malgré les vents parfois contraires.

Ralliement et polémiques
Opposant de toujours à Abdoulaye Wade, Ousmane Tanor Dieng n’était jamais parvenu à reconquérir la présidence, perdue par le PS avec le départ d’Abdou Diouf, en 2000. En 2007, candidat à la magistrature suprême, il n’avait obtenu que 14 % des suffrages.

Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, il assurait que la présidentielle de 2012 serait « son dernier combat ». Recalé dès le premier tour, il appellera alors ses partisans à reporter leurs suffrages sur Macky Sall.

Un ralliement qu’il n’a, depuis, jamais remis en question, malgré l’opposition d’une partie des cadres de son parti, provoquant une rupture au sein du PS entre les partisans de l’émancipation et les défenseurs de la coalition. Après avoir rejoint la coalition Benno Bokk Yakaar (BBY), Ousmane Tanor Dieng sera finalement reconduit à la tête de son parti en 2014, face à Aïssata Tall Sall qui, depuis, a elle aussi rejoint la majorité présidentielle. Le socialiste avait ensuite été nommé en 2016 à la tête du Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT).

En 2019, pour la première fois depuis l’indépendance, le PS ne présentait pas de candidature à une élection présidentielle.

« Avec la disparition du président Ousmane Tanor Dieng, le président Macky Sall, la Coalition Benno Bokk Yaakaar, le Parti socialiste et la République viennent de perdre un allié éminent et loyal, un grand militant du Sénégal et la République un de ses plus grand serviteurs », a regretté la présidence dans son communiqué annonçant le décès.

Les hommages et messages de condolances n’ont pas tardé à affluer, de tous les bords de l’echiquier politique sénégalais. « Il incarnait la sobriété dans le pouvoir, la rigueur dans le travail et la courtoisie dans la vie quotidienne », a pour sa part écrit Aly Ngouille Ndiaye , dans un communiqué. Aminata Touré, ancienne Première ministre et actuelle présidente du Conseil économique social et environnemental (Cese), a dit sa « tristesse », d’apprendre le décès d’« un grand commis de l’État, un acteur politique engagé et un fidèle allié du Président de la République ».

« D’Ousmane Tanor Dieng, j’ai toujours été impressionné par la stature d’homme d’État », a pour sa part réagit Madické Niang, candidat malheureux à la dernière présidentielle.

C’est « une perte immense pour le pays et pour le PS », a commenté de son côté Alioune Tine, activiste des droits humains, désormais expert indépendant de l’ONu pour les droits de l’homme au Mali, qui a salué en Ousmane Tanor Dieng « un grand homme d’État qui marqué la vie et l’histoire politique du Sénégal des années 1980 à nos jours ».

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