Pourquoi les conclusions de l’enquête peuvent susciter la confiance du public – Tanzanie

DAR ES SALAM : Alors que la Tanzanie attend aujourd’hui la publication du rapport de la commission d’enquête, l’attention se tourne de plus en plus vers la crédibilité de l’équipe chargée d’examiner les événements du 29 octobre 2025.

Dans les mois qui ont suivi les troubles, un message est clairement apparu dans les débats publics et les conversations nationales : la plupart des Tanzaniens ne veulent pas que la violence se reproduise.

Les divergences d’opinion demeurent, comme c’est le cas dans toute société politiquement active, mais il existe également un sentiment croissant selon lequel la stabilité, l’unité et le dialogue nationaux doivent rester au cœur de l’avenir du pays. C’est dans ce contexte que la présidente Samia Suluhu Hassan a créé la commission d’enquête.

Cette décision reflète bien plus qu’une réponse à un moment national difficile. Cela témoigne d’une volonté d’examiner ce qui s’est passé, de comprendre les causes sous-jacentes et d’identifier des mesures qui pourraient contribuer à prévenir des événements similaires à l’avenir.

Toutefois, la crédibilité d’un tel processus dépend non seulement de l’existence d’une commission, mais également de l’intégrité, de l’expérience et du professionnalisme des personnes chargées de cette tâche. C’est pourquoi la composition de la commission a suscité un intérêt considérable du public.

La commission est présidée par l’ancien juge en chef Mohamed Chande Othman, un juriste dont la carrière couvre les systèmes judiciaires nationaux et internationaux. En plus d’avoir été juge en chef de la Tanzanie entre 2010 et 2017, il a été juge d’appel et juge à la Haute Cour, puis s’est profondément impliqué dans les processus de justice pénale internationale.

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Il a travaillé comme procureur au Tribunal des Nations Unies pour le Rwanda et a participé aux processus judiciaires au Timor-Leste après le conflit.

Il a également participé aux enquêtes des Nations Unies sur les violations des droits de l’homme au Liban et au Soudan, ainsi qu’à l’enquête sur le décès de l’ancien secrétaire général de l’ONU, Dag Hammarskjöld.

Son expérience combine une expertise juridique avec une exposition à des enquêtes internationales sensibles et à des processus de réforme institutionnelle. Il est soutenu par l’ancien juge en chef, le professeur Ibrahim Hamis Juma, dont le mandat dans le système judiciaire de 2017 à 2025 a été marqué par des réformes majeures visant à moderniser le système judiciaire.

Sous sa direction, le pouvoir judiciaire a introduit des initiatives de numérisation et des réformes axées sur l’efficacité visant à réduire les arriérés de dossiers et à améliorer la transparence.

Avant de devenir juge en chef, il a présidé la Commission de réforme du droit et a joué un rôle important dans le renforcement des structures de gouvernance judiciaire. Issu du domaine de la gouvernance et de la diplomatie, l’ambassadeur Ombeni Sefue apporte une vaste expérience dans l’administration publique et la coordination de l’État.

En tant qu’ancien secrétaire en chef et secrétaire du Cabinet et du Conseil de sécurité nationale, il a travaillé au centre de la coordination gouvernementale et de la mise en œuvre des politiques. Sur le plan international, il a été ambassadeur de Tanzanie auprès des États-Unis et représentant permanent auprès des Nations Unies.

Son expérience confère à la commission une expertise importante dans les systèmes de gouvernance, la performance institutionnelle et la gestion du secteur public. Issu du secteur de la sécurité, l’ancien inspecteur général de la police (IGP) Said Mwema apporte une vaste expérience opérationnelle dans le domaine du maintien de l’ordre et de la sécurité nationale.

Au cours de son mandat, il a supervisé les réformes liées à la police de proximité et renforcé les réponses au crime organisé et aux menaces transnationales pour la sécurité. Son expérience s’étend également au niveau régional grâce à des rôles de direction liés aux opérations d’INTERPOL à Nairobi.

La commission bénéficie en outre de l’expérience du lieutenant-général (à la retraite) Paul Ignace Mella, dont l’expérience militaire et en matière de maintien de la paix comprend le service en tant que commandant de la force de la mission des Nations Unies au Darfour.

Il a également participé aux efforts de médiation régionaux liés au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo. Son expérience permet une compréhension pratique de la gestion des crises, de la stabilisation et du relèvement post-conflit.

L’ambassadeur David Kapya ajoute une solide expérience en matière de médiation diplomatique et de processus de paix régionaux. Il a participé aux négociations liées aux crises politiques au Soudan, au Burundi, au Zimbabwe et en Côte d’Ivoire. Son travail reflète une longue expérience dans le dialogue politique et la résolution des conflits.

La composition de la commission est également renforcée par l’ambassadrice Radhia Msuya, une diplomate expérimentée avec un engagement régional étendu, notamment dans le cadre de la Communauté de développement de l’Afrique australe. Un autre membre, le Dr Stergomena Tax, ancien secrétaire exécutif de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), apporte une expérience régionale en matière de gouvernance et de politique façonnée par des années de leadership dans les affaires d’intégration régionale, de paix et de sécurité.

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