La Chambre des représentants égyptienne annonce de nouveaux amendements au Code pénal – Egypte

LE CAIRE – 13 septembre 2024 : La Chambre des représentants égyptienne, la chambre basse du parlement, a annoncé le projet de nouveaux amendements au Code pénal égyptien.

Ces amendements, qui ont été soumis par les membres de la commission, les responsables gouvernementaux, le Conseil supérieur de la magistrature, le Dialogue national, le ministère public, le barreau et les journalistes, visent à renforcer l'équité du système judiciaire tout en préservant les droits individuels et la stabilité de la société. Le parlement a ajouté que la commission a pris en considération toutes les propositions soumises par ces organismes lors de l'élaboration du projet.

Les modifications proposées prévoient notamment de réduire la durée maximale de détention provisoire de six à quatre mois pour les délits, de dix-huit à douze mois pour les crimes et de deux à dix-huit mois pour les affaires impliquant la réclusion à perpétuité ou la peine de mort. En outre, la durée de détention des accusés devant la Cour de cassation ne doit désormais pas dépasser deux ans, ce qui comble une lacune de la loi actuelle.

Le projet de loi permet également de déposer des plaintes contre les décisions de détention provisoire par voie électronique.

Les amendements limitent le pouvoir de la Cour de cassation de détenir un accusé passible de la peine de mort ou de la réclusion à perpétuité à un maximum de deux ans.

Le projet de loi prévoit que les ordonnances d'interdiction de voyager, d'inscription sur les listes de surveillance à l'arrivée et de saisie des biens doivent être émises par une autorité judiciaire d'enquête dans le cadre d'une affaire en cours, lorsque de telles mesures sont nécessaires. Ces décisions doivent être motivées et préciser une durée raisonnable, n'excédant pas la période de détention provisoire.

Dans des circonstances exceptionnelles qui nécessitent le renouvellement de la détention d'un accusé par voie de contentieux électronique, il faut en priorité s'assurer que l'avocat soit présent avec l'accusé au même endroit, c'est-à-dire au sein de la prison. Cette exigence est détaillée dans le chapitre sur les procédures d'enquête et de procès à distance (articles 525) du projet de loi, qui prévoit explicitement que l'avocat et l'accusé ne doivent pas être séparés pendant les procédures de contentieux à distance.

Articles controversés

Le mois dernier, le Syndicat des avocats et le Comité des libertés du Syndicat des journalistes égyptiens ont appelé à la révision de certains articles controversés des nouveaux amendements.

Le Comité des libertés du Syndicat des journalistes égyptiens a appelé à une révision approfondie des articles concernant la publication et la détention provisoire dans le projet de Code de procédure pénale actuellement en discussion au Parlement.

Dans un communiqué publié mercredi, la commission a souligné que l'article 267 du projet de code, qui porte sur l'édition, « porte atteinte au travail journalistique et restreint la mission des journalistes qui consiste à éclairer la société et à transmettre les faits ».

Selon cet article, il est interdit de publier des nouvelles, des informations, de mener des dialogues ou des discussions sur des procédures judiciaires d’une manière contraire à l’éthique qui pourrait interférer avec le cours de la justice.

En outre, il est strictement interdit de discuter de toute information relative aux juges, aux procureurs, aux témoins ou aux accusés lors de l’examen des crimes décrits dans la loi antiterroriste 94/2015.

Les violations de ces dispositions entraîneront des sanctions telles que prévues à l'article 186 bis du Code pénal, précise l'article.

Cet article du Code pénal prévoit des amendes allant de 100 000 à 300 000 LE. L'article prévoit également la confiscation des appareils ou objets utilisés pour l'infraction, la suppression ou la destruction du contenu associé et le doublement de l'amende en cas de récidive.

Par ailleurs, le Syndicat des avocats a attiré l’attention sur certaines dispositions du projet de loi qui ont suscité un débat intense et une confusion dans les milieux juridiques en raison de « leur élargissement des pouvoirs de saisie, d’enquête et de jugement au détriment du droit à la défense ».

Le Syndicat des avocats a ajouté que ces dispositions ont été largement critiquées pour « empiéter sur les droits fondamentaux de la défense stipulés et établis par les constitutions, les lois successives et les traités internationaux ».

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