L’immobilier est l’une des professions les plus visibles de la société, déterminant l’endroit où les gens vivent, travaillent et investissent. Pourtant, ces dernières années, l’industrie a fait face à des critiques croissantes concernant des manquements éthiques qui sapent la confiance du public. Des allégations de harcèlement sexuel et de discrimination aux commissions opaques, en passant par le marketing trompeur et l’utilisation abusive des données des clients. La culture et la conduite de la pratique immobilière ont fait l’objet d’un examen minutieux dans le monde entier. Au cœur de ces défis se trouve la structure de l’industrie elle-même. De nombreux praticiens travaillent en tant qu’entrepreneurs indépendants avec une surveillance limitée, tandis que le modèle traditionnel basé sur les commissions récompense la conclusion des transactions plutôt que de protéger les intérêts des clients. Le résultat est un environnement dans lequel les risques éthiques sont facilement négligés dans la recherche du profit. Sur des marchés comme le Nigéria et dans toute l’Afrique, ces préoccupations sont aggravées par une réglementation faible, une protection inadéquate des consommateurs et l’adoption rapide des technologies numériques sans garanties correspondantes.
Les dilemmes éthiques touchent plusieurs domaines. Les agents sont souvent pris dans des conflits d’intérêts, équilibrant la loyauté envers les clients et les pressions liées aux commissions de référence ou aux accords internes. Les fausses déclarations sur les détails de la propriété restent un problème récurrent, érodant la confiance dans la profession. Plus troublants sont les cas de discrimination, de harcèlement et de cultures de travail toxiques qui rendent difficile l’épanouissement des femmes et des jeunes professionnels. À cela s’ajoute le risque croissant de blanchiment d’argent via les transactions immobilières et l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle dans les évaluations et les outils de sélection des locataires qui, si rien n’est fait, peuvent reproduire des préjugés et des violations de la vie privée.
La bonne nouvelle est que des solutions sont à notre portée. Les régulateurs et les organismes professionnels doivent renforcer les processus d’octroi de licences et disciplinaires, en veillant à ce que les manquements à l’éthique entraînent de réelles conséquences. Les entreprises doivent aller au-delà de la simple conformité et intégrer l’intégrité dans leur culture en repensant les incitations, en publiant des codes de conduite clairs et en fournissant des canaux de signalement sûrs en cas de mauvaise conduite. La transparence des commissions, les engagements en matière de logement équitable, le maintien de banques de données fiables et à jour et la protection des lanceurs d’alerte sont des étapes essentielles. De même, la technologie doit être gouvernée avec soin, les garanties de confidentialité des données, les tests de biais et la surveillance humaine doivent accompagner le recours croissant aux outils numériques.
En fin de compte, restaurer la confiance dans l’immobilier nécessite plus que des règles ; cela exige un changement culturel. Les dirigeants de la profession doivent donner le ton en valorisant l’équité, la responsabilité et la dignité parallèlement à la performance commerciale. Si l’éthique devient partie intégrante de l’ADN de l’industrie, celle-ci protègea non seulement les consommateurs, mais renforcera également sa réputation de gestionnaire essentiel des foyers, des communautés et de l’environnement bâti.
• Odunfa est un géomètre et désigné immobilier