Coup de pouce pour les soins néonatals – Tanzanie

  • Samia soutient un partenariat stratégique pour étendre ses services spécialisés

DAR ES SALAM : PRÉSIDENT Le Dr Samia Suluhu Hassan a décidé de consolider les acquis de la Tanzanie en matière de santé maternelle et infantile en soutenant un partenariat stratégique visant à étendre les services de soins néonatals spécialisés à travers le pays.

Hier, lors de discussions à la State House à Dar es Salaam, le chef de l’État a promis le plein soutien du gouvernement à la collaboration avec Keep a Child Alive (KCA), une organisation non gouvernementale internationale, pour construire 27 services néonatals modernes en Tanzanie continentale et à Zanzibar.

La réunion, à laquelle a participé une délégation dirigée par le directeur général de KCA, Antonio Ruiz-Giménez, Jr, marque un changement de politique passant de l’amélioration générale de la santé maternelle à un investissement ciblé dans les soins spécialisés aux nouveau-nés, un domaine qui reste une lacune critique malgré des progrès plus larges dans le secteur.

Le président Samia a souligné que le gouvernement faciliterait une coordination efficace, allouerait des terrains pour la construction et intégrerait les nouvelles installations dans le système de santé national afin d’assurer la durabilité à long terme.

L’initiative sera mise en œuvre en partenariat avec la Fondation Doris Mollel, une organisation locale qui défend les soins aux bébés prématurés depuis des années.

La Tanzanie a enregistré des progrès mesurables en matière de santé maternelle et infantile au cours de la dernière décennie.

Selon les données gouvernementales, la mortalité maternelle est passée de 556 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2016 à 104 pour 100 000 naissances vivantes en 2022.

La mortalité des moins de cinq ans a également diminué de 36 pour cent au cours de la même période, passant de 67 à 43 décès pour 1 000 naissances vivantes.

Ces gains ont été largement attribués à l’augmentation des investissements dans les infrastructures de soins de santé primaires, au recrutement d’agents de santé et à l’amélioration de la disponibilité des médicaments et des équipements.

Cependant, le Président a reconnu que la mortalité néonatale, en particulier chez les bébés prématurés, reste un défi tenace.

La pénurie d’unités spécialisées de soins néonatals, notamment d’incubateurs et de personnel néonatal correctement formé, continue de nuire aux taux de survie des nourrissons prématurés.

Son administration a donc donné la priorité à la construction de 15 services néonatals dans des hôpitaux régionaux et de 20 dans des hôpitaux de district construits selon les normes internationales.

Le partenariat KCA devrait compléter et accélérer cette stratégie en injectant des ressources financières et techniques dans le sous-secteur néonatal.

Les efforts nationaux de la présidente Samia coïncident avec sa récente nomination au poste de championne de l’Union africaine pour la santé reproductive, maternelle et infantile, un rôle de leadership continental approuvé lors de la 39e session ordinaire de l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine à Addis-Abeba.

Au cours de ce mandat d’un an, elle dirigera les efforts de plaidoyer dans les États membres de l’UA pour renforcer l’engagement politique et le financement durable en faveur de la santé reproductive, maternelle et infantile.

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Ce rôle s’aligne sur l’Agenda 2063 de l’Afrique, qui reconnaît la santé maternelle et infantile comme un élément fondamental de la transformation socio-économique à long terme.

Selon un communiqué publié par la Direction de la communication présidentielle, elle a indiqué que sa nomination faisait suite aux recommandations du Comité des chefs d’État et de gouvernement supervisant les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies.

Le partenariat gouvernement-KCA est structuré autour de quatre piliers principaux : la construction d’infrastructures néonatales de qualité, l’investissement dans des équipements médicaux modernes tels que des incubateurs, la formation des professionnels de la santé aux soins spécialisés du nouveau-né et le renforcement des systèmes de gestion au sein des établissements de santé.

Pour la Tanzanie, cette approche marque le passage d’une expansion quantitative des installations à une amélioration qualitative des services.

Même si les centres de santé ont été construits plus près des communautés au cours de la dernière décennie, nombre d’entre eux manquent d’unités spécialisées capables de prendre en charge les complications associées aux naissances prématurées.

En intégrant les nouveaux services dans le système de santé national, le gouvernement vise à éviter les pièges de la durabilité souvent associés aux projets financés par les donateurs, où les infrastructures sont développées sans cadres adéquats en matière de personnel et de maintenance à long terme.

Pour sa part, RuizGiménez Jr a exprimé son appréciation pour l’ouverture du gouvernement au partenariat et a réaffirmé l’engagement de KCA à renforcer les services de santé maternelle et infantile en Tanzanie.

Fondée en 2003 par l’artiste et activiste internationale Alicia Keys, Keep a Child Alive est passée d’une organisation caritative axée sur le VIH à une organisation de santé et de soutien social plus large au service des enfants et des familles vulnérables du monde entier.

En Tanzanie, KCA a déjà collaboré avec la Fondation Doris Mollel pour construire et moderniser un service néonatal à l’hôpital du district de Kwimba, dans la région de Mwanza, une intervention qui aurait amélioré les résultats de survie des prématurés dans la région.

Au-delà de sa dimension humanitaire, l’attention renouvelée portée aux soins néonatals entraîne des implications économiques plus larges.

La réduction de la mortalité maternelle et néonatale contribue directement au développement du capital humain, à la productivité de la main-d’œuvre et à la croissance nationale à long terme.

Le président Samia a toujours soutenu qu’un financement durable de la santé, un leadership politique de haut niveau et des mécanismes de mise en œuvre mesurables sont essentiels pour garantir que les engagements continentaux et mondiaux se traduisent en résultats tangibles au niveau communautaire.

Son rôle de champion de l’UA consistera notamment à promouvoir l’apprentissage mutuel entre les États membres, à encourager l’harmonisation des politiques et à instituer des évaluations périodiques des progrès réalisés dans les programmes de santé et de droits sexuels et reproductifs.

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