Discours sur l’ordonnance de crédits supplémentaires prononcé à la Chambre des représentants, Lagos, le 16 août 1954.
SUITE DE LA SEMAINE DERNIÈRE
Il y a deux points découlant de l’hon. le discours du secrétaire financier sur le budget supplémentaire sur lequel je voudrais faire de brefs commentaires. La réduction des droits d’exportation sur le cacao est une très bonne nouvelle. La formule utilisée pour calculer ce droit était si compliquée pour des politiciens profanes comme moi que l’iniquité qui se cachait dans cette formule n’est devenue évidente que lorsqu’elle est entrée en vigueur au cours des derniers mois. Or le gouvernement, conseillé par ses experts, connaissait ou aurait dû connaître les conséquences du fonctionnement de cette formule si le prix du cacao venait à augmenter brutalement comme il l’a fait il y a quelques mois.
Mais ils ne se sont pas prémunis contre ces conséquences, qu’on pourrait dire dues à l’imprévoyance du gouvernement de l’époque. Mais, Monsieur le président, on peut soutenir qu’il est toujours facile d’être sage après coup et je voudrais donc dire que je ne culpabilise pas nécessairement pour l’iniquité qui s’est produite au cours des derniers mois à la porte de n’importe quel membre du gouvernement. Nous savons tous que l’art de gouverner est l’accumulation d’expériences passées et en tout cas, il est gratifiant de constater que le gouvernement a appliqué l’expérience qu’il a acquise du comportement récent du prix du cacao aux autres produits de base comme l’arachide. , coton et palmier à huile. Dans l’ensemble, Monsieur le Président, tout est bien qui finit bien et je voudrais féliciter le secrétaire financier pour sa réaction rapide et sympathique aux critiques publiques concernant la taxe sur le cacao, ainsi que le conseil des ministres pour lui avoir apporté son soutien. dans son action. Comme les honorables membres le savent, j’ai déposé une motion devant la présente session de la Chambre, demandant une réduction du droit d’exportation sur le cacao. Les barèmes que j’ai exigés, je dois avouer qu’ils n’étaient basés sur aucune formule mathématique stricte, étaient qu’au prix actuel de 170 livres sterling, le droit sur le cacao devait être fixé de telle sorte que le prix d’équilibre soit de 200 livres sterling dans le monde. marché, et aussi que sur le prix de 450 £, le droit ne devrait être que de 80 £. On verra donc qu’il y a une légère différence entre les barèmes de droits que j’ai proposés dans cette motion et ceux qui ont été proposés par le secrétaire financier. Je voudrais dire ici et maintenant, bien que ce ne soit pas l’occasion appropriée pour cela, que je ne pense pas qu’il devrait y avoir une autre querelle entre moi et le secrétaire financier simplement parce qu’il y a une différence de 10 £ dans le plafond qu’il a proposé et ce que j’ai proposé; et par conséquent, le moment venu, j’espère m’abstenir de présenter la motion que j’ai déposée au sujet de la réduction des droits sur le cacao. Je le fais particulièrement parce que sous la nouvelle dispense, c’est-à-dire à partir du 1er octobre, quel que soit le droit perçu par le gouvernement central, 50 % de celui-ci iraient aux gouvernements régionaux, et dans cette mesure, nous aussi, nous en bénéficierons dans le Région de l’ouest.
Maintenant, avant de quitter la question de la réduction des droits d’exportation sur le cacao, je voudrais dire quelque chose au sujet de la manne qui a été revenant au gouvernement sur les droits d’exportation sur le cacao. Grâce à cette vigueur exceptionnelle du prix du cacao qui prévalait il y a environ quatre ou cinq mois, le gouvernement a bénéficié d’environ 6 millions de livres sterling. C’est une aubaine qui n’a jamais été attendue par le gouvernement central. Je comprends qu’environ 3 millions de livres sterling de cette manne ont déjà été engagés à certaines fins, mais il y a un solde de 3 millions de livres sterling entre les mains du gouvernement central. Il n’est pas nécessaire d’être un expert financier ou un économiste pour apprécier le fait que le gouvernement central, dans ces circonstances, est vraiment très bien loti. En fait, je pense qu’on peut dire qu’ils ont plus d’argent qu’ils ne peuvent très bien en utiliser. Je suis donc fermement d’avis, Monsieur le Président, Monsieur, que les gouvernements régionaux devraient également bénéficier de cette aubaine inattendue, et je préconise donc que le gouvernement central soit gracieusement disposé à allouer ces 3 millions de livres aux gouvernements régionaux. – pas strictement par dérivation mais dans le rapport 40 : 30 : 30, à l’Ouest, à l’Est et au Nord. J’ai fait cette suggestion non pas parce que j’ai abandonné ou dévié de ce que j’appelle mon attitude dérivationniste vis-à-vis de l’allocation des revenus, mais parce que cette aubaine appartient au Nigeria Revenue. Et tout ce que je demande instamment, c’est que puisque le gouvernement central est si aisé, et puisque cette aubaine n’a jamais été attendue par eux, il est juste et équitable qu’ils transmettent une partie de cette aubaine aux gouvernements régionaux afin qu’ils puissent utiliser le de l’argent pour faire face à l’expansion de leurs services d’éducation, de santé et sociaux. Et j’espère qu’étant donné la prospérité de leur gouvernement central, aucun honorable membre de cette Chambre n’hésitera à appuyer ma proposition.
Le deuxième point découlant du discours du secrétaire financier sur lequel je voudrais faire quelques commentaires est contenu dans sa péroraison – la partie finale de son discours. J’ose dire, Monsieur, qu’il doit y avoir eu une sorte de communion télépathique des esprits entre le secrétaire financier et moi-même. Les lecteurs de journaux auraient remarqué que récemment un prophète de la morosité économique avait émergé, avertissant les gens de l’avenir désastreux qui attend ce pays. Mais je ne partage pas le point de vue de ce prophète. Il est bien connu qu’au cours des dix dernières années, les revenus de ce pays ont augmenté d’environ 400 pour cent sans aucun effort de la part d’aucun secrétaire financier. Bien sûr, les dépenses ont également augmenté en conséquence.
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