LE CAIRE – 20 octobre 2024 : L'Égypte a reçu dimanche une certification d'élimination du paludisme, une reconnaissance officielle par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) du statut du pays exempt de paludisme lors du Congrès mondial 2024 sur la population, la santé et le développement humain organisé par le Nouveau Capitale administrative, à l'est du Caire.
Dans un discours vidéo prononcé lors du congrès, auquel assistait le président Abdel Fattah El-Sisi, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom, a félicité l'Égypte pour avoir atteint cet objectif, qui représente une nouvelle étape après le succès du pays dans l'élimination de l'hépatite C.
Adhanom a décrit l'élimination du paludisme comme le point culminant d'un engagement d'un siècle de la part du gouvernement et du peuple égyptiens.
Le paludisme, une maladie causée par un parasite transmis par les piqûres de moustiques, se manifeste généralement par des symptômes graves tels qu'une forte fièvre et des frissons chez les personnes touchées.
L'Égypte est devenue le troisième pays de la région à recevoir une certification sans paludisme, après les Émirats arabes unis en 2007 et le Maroc en 2010.
Cette étape importante marque une réalisation importante, avec un total de 44 pays et 1 territoire désormais reconnus comme exempts de paludisme par l'OMS.
UNE HISTOIRE PROFONDEMENT ENRACINÉE
Le paludisme a une histoire profondément enracinée en Égypte, remontant à 4000 avant JC, comme en témoignent les traces génétiques de la maladie trouvées chez Toutankhamon et d'autres momies égyptiennes anciennes, selon les rapports de l'OMS.
L’Égypte a lancé les premiers efforts visant à réduire les interactions homme-moustique dans les années 1920 en interdisant la culture du riz et les cultures agricoles à proximité des zones résidentielles.
Le pays a officiellement classé le paludisme comme « maladie à déclaration obligatoire » en 1930 et a établi sa première station de contrôle et de recherche sur le paludisme peu de temps après, selon l'OMS.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Égypte a été confrontée à une augmentation significative des cas de paludisme parmi les civils et le personnel militaire en raison de perturbations dans les services de santé publique, de pénuries de traitements contre le paludisme et de larvicides, de mouvements de population et de la prolifération d'Anopheles arabiensis, un moustique très efficace porteur du paludisme. espèces.
En 2001, l’Égypte avait réussi à contrôler efficacement le paludisme, en visant son élimination complète grâce à une campagne ciblée et limitée dans le temps ciblant tous les cas transmis localement restants.
En 2014, le pays a connu une épidémie limitée de cas de paludisme autochtone dans le gouvernorat d'Assouan, qui a été efficacement contenue, a déclaré l'OMS.
Les efforts de lutte contre le paludisme ont été efficacement intégrés à la gestion d’autres maladies à transmission vectorielle.
La création d'un Haut Comité pour la gestion intégrée des vecteurs en 2016 illustre l'engagement du pays en faveur d'une approche globale de lutte contre ces maladies.
Cette initiative, soutenue par des efforts coordonnés et un financement entre les ministères, souligne l'engagement de l'Égypte à éradiquer la transmission du paludisme et à garantir la sécurité de la santé publique.
PRÉSERVER UNE JALON
Pour maintenir un mécanisme vigilant de surveillance et de réponse, l'Égypte a investi dans le maintien de solides capacités de diagnostic, de traitement, de surveillance entomologique et de lutte anti-vectorielle contre le paludisme, a déclaré l'OMS.
En outre, les partenariats de collaboration durables du pays avec les pays voisins comme le Soudan ont joué un rôle central dans la prévention de la résurgence de la transmission locale du paludisme, une réalisation importante qui a conduit à la certification officielle de l'Égypte comme pays exempt de paludisme.
En outre, la politique de santé inclusive de l'Égypte étend l'accès gratuit aux services essentiels aux migrants, quel que soit leur statut juridique.