Elections européennes : aux Pays-Bas, les estimations donnent les travaillistes en tête, contre toute attente

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Frans Timmermans, European Commission vice president and lead candidate of the Party of European Socialists (PES) for commission president, delivers a speech during a campaign rally in Barcelona on May 23, 2019 ahead of EU elections. / AFP / LLUIS GENE

Alors que populistes et libéraux étaient favoris, les travaillistes devraient finalement remporter cinq des vingt-six sièges en lice

Les Pays-Bas étaient, jeudi 23 mai, avec le Royaume-Uni en attente du Brexit, le premier pays membre de l’Union européenne (UE) à voter pour élire le nouveau Parlement de Strasbourg. Et le premier à révéler, selon une enquête sortie des urnes menée pour la chaîne publique NOS, des résultats.

A la surprise générale, c’est le Parti travailliste (PVDA, social-démocrate) qui est arrivé en tête, remportant, selon ces résultats provisoires, cinq (+ 2) des vingt-six sièges attribués au royaume. Il aurait quasiment doublé le nombre de ses voix, passant de 9,4 % à 18,1 %.

« Un résultat incroyable », selon Lodewijk Asscher, dirigeant d’une formation qui a accumulé les déconvenues au cours des dernières années. La performance inattendue du parti semble toutefois résulter surtout d’un « effet Frans Timmermans », du nom du premier vice-président néerlandais de la Commission de Bruxelles, tête de liste des socialistes européens pour l’élection. « J’espère que les sociaux-démocrates pourront, partout, démontrer qu’une autre Europe est possible », déclarait-il jeudi soir.

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Le « Nexit » a visiblement effrayé
L’autre vainqueur de l’élection est le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) du premier ministre, Mark Rutte. Il passe de trois à quatre sièges et jubile surtout parce qu’il devance le Forum pour la démocratie (FvD), le parti europhobe et anti-immigrés du juriste Thierry Baudet. La formation de celui-ci remporte trois sièges et quelque 12 % pour sa première participation à une élection européenne, mais elle espérait surtout confirmer sa performance des récentes élections provinciales et sénatoriales et devenir la première du pays. Son plaidoyer pour un « Nexit » a visiblement effrayé une partie de l’électorat.

L’attente du résultat de la confrontation entre les partis de MM. Rutte et Baudet a un peu éclipsé les résultats des autres partis. Parmi ceux-ci, les écologistes de GroenLinks passent de deux à trois sièges (10,5 %, + 3,5) tandis que le parti centriste proeuropéen D 66 en garde deux (– 2) et que la gauche radicale (Socialistiche Partij) n’en garde qu’un sur les trois qu’elle possédait. L’Appel chrétien-démocrate (CDA), qui avait remporté l’élection de 2014, passe, lui, de cinq sièges à quatre.

Le plus grand perdant est toutefois le Parti pour la liberté du populiste d’extrême droite Geert Wilders. Littéralement pillée par M. Baudet, sa formation ne garde qu’un de ses quatre sièges et passe de 13,3 % à 4,1 %. Une rude défaite pour cet allié de Marine Le Pen au Parlement de Strasbourg.

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