Au Burkina Faso, l’assistance à double tranchant de la France

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French Defense Minister Florence Parly meets with President of Burkina Faso Roch Marc Christian Kabore at the presidential palace in Ouagadougou, Burkina Faso November 4, 2019. REUTERS/Anne Mimault

Au Burkina Faso, l’assistance à double tranchant de la France
Alors que la ministre française des armées, Florence Parly, était lundi au Burkina Faso, les forces du pays frontalier du Mali et du Niger sont débordées par la multiplication des attaques djihadistes.

Après le Tchad, et avant le Mali, la ministre française des armées, Florence Parly était lundi 4 novembre au Burkina Faso, où les attaques terroristes et les violences communautaires se multiplient. « Le combat continue, il doit continuer, car c’est un combat de longue haleine que nous devons mener ensemble contre le terrorisme », a-t-elle insisté à la sortie d’une séance de travail avec le président burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré, et son ministre de la défense, Chérif Sy.
Au cours de cette brève allocution, Mme Parly a annoncé le lancement d’une nouvelle opération conjointe, baptisée « Bourgou 4 », qui sera conduite par la force française « Barkhane », en collaboration avec deux compagnies burkinabées, dans la zone dite des « trois frontières », entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, « dans les prochains jours ». « Sur le front des opérations militaires, les choses avancent, même si la menace est très présente et très vigoureuse », a reconnu la ministre. Florence Parly a ensuite rendu visite aux quelque 200 membres des forces spéciales françaises de l’opération « Sabre » et s’est recueillie devant la stèle en hommage aux membres des forces spéciales tués au Sahel depuis 2013.

Cette visite officielle survient près d’un an après la signature, en décembre 2018, à Paris, d’un « accord intergouvernemental de défense » pour renforcer la coopération entre la France et le Burkina Faso, plongé dans une crise sécuritaire et humanitaire sans précédent. A la demande de Ouagadougou, Barkhane opère donc désormais depuis le Niger et le Mali voisins.
En quatre ans, les attaques, attribuées aux groupes djihadistes de la sous-région – Al-Qaida et l’Etat islamique notamment –, ont déjà fait plus de 600 morts, militaires et civils dans le pays. Et près d’un demi-million de déplacés internes ont dû fuir leur foyer à cause des violences, selon les estimations du Bureau de la coordination des affaires humanitaires.
Dimanche, à la veille de la venue de la ministre française, un nouvel assaut a d’ailleurs visé le véhicule du député et maire de Djibo, chef-lieu de la région du Sahel, la plus durement touchée. L’élu a été tué dans l’embuscade avec trois autres personnes. Le week-end du 26 et du 27 octobre s’était aussi déroulé au rythme des attaques. Lundi dans la matinée, cinq gendarmes et au moins cinq civils ont été tués lors d’une attaque contre le détachement de gendarmerie de Oursi, dans le nord du Burkina Faso, près de la frontière malienne, a-t-on appris de sources sécuritaires.

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